Changer de nom comme de chemise, c’est possible en Nouvelle-Zélande

 Au pays des kiwis, changer de nom prend juste le temps de remplir un formulaire et peut être renouvelé sans limite. Un laxisme à des années-lumière des contraintes imposées par la rigidité du Droit français en la matière.

Le document de changement de nom reçu par M. Frostnova
 Le document de changement de nom reçu par M. Frostnova

Les soirées arrosées et les paris stupides ont parfois de tristes conséquences. Surtout quand la loi encourage des actes absurdes. Un homme de 22 ans, originaire de Dunedin, au sud de la Nouvelle-Zélande, a ainsi changé de nom à la suite d’une partie de poker perdue. Il s’appelle désormais M. Frostnova. Ou plus précisément “Full Metal Havok More Sexy N Intelligent Than Spock And All The Superheroes Combined With Frostnova” (en français approximatif : Full Metal Havok est plus intelligent et sexy que M. Spock et tous les supers-héros réunis dont Frostnova, ndlr).

Une modification totalement légale car le nouveau nom fait 99 caractères – la limite étant fixée à 100 –, qu’il ne contient ni symbole, ni numéro et répond aux conditions fixées par la loi. Selon le texte, peuvent être rejetés les noms contenant Majesté, Roi, chevalier, princesse, justice, anal, V8, 89, “Mafia No Fear“ et Lucifer.

L’homme a effectué ce changement de nom il y a quatre ans après n’avoir pas pu honorer une dette de jeu, a expliqué un de ses amis au New Zeland Herald. Visiblement ivre au moment des faits, il n’a vraiment eu connaissance de son nouveau nom que lorsque son passeport est arrivé à expiration et qu’il a reçu le nouveau, avec sa nouvelle identité. Malgré la mauvaise surprise, la loi néo-zélandaise permet à M. Frostnova de changer de nom aussi souvent qu’il le souhaite à condition qu’il remplisse le formulaire correctement et qu’il paye les frais de dossier (une centaine d’euros). Le processus prend environ 8 jours.

M. Bonaparte a le droit de changer de nom

En France, le changement de nom est beaucoup plus règlementé. Premièrement, la modification du prénom et celle du nom sont deux procédures distinctes et doivent impérativement « justifier d’un intérêt légitime pour la personne », est-il précisé sur le site internet du service public. Parmi ces intérêts, l’administration évoque : un nom difficile à porter en raison de sa consonance ridicule ou péjorative, un nom à consonance étrangère, la survivance d’un nom illustré de manière éclatante sur le plan national (exemple : M. Bonaparte ou M. Bismuth, ndlr) etc.

Surtout, chaque procédure donne lieu à un jugement. La décision appartient au tribunal de grande instance et c’est le juge aux affaires familiale qui estimera de la légitimité de la demande. Concernant le nom, la modification doit être prononcée par décret signé du garde des Sceaux et du premier ministre. Une fois la modification actée, elle est appliquée sur les registres d’état civil et impacte les futurs documents d’identité.

Il y a donc peu de chances de voir un Martin Dupont devenir subitement M. Le Jambon-beurre Et Vin Est Bien Meilleur Que Le Burger Et Coca.

 

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