Les médicaments contre la fièvre favoriseraient la transmission de la grippe

(photo flickr/Eneas)
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Après avoir touché environ 540 000 personnes en France au cours de ces cinq dernières semaines, l’épidémie de grippe touche à sa fin, ont déclaré les médecins du réseau Sentinelles. Au Canada cependant, une étude menée par des chercheurs de l’Université McMaster, en Ontario, en fait tousser plus d’un. Selon les scientifiques, une pratique courante qui consiste à faire baisser la fièvre à l’aide d’antipyrétiques du type ibuprofène favoriserait la propagation du virus et provoquerait un millier de décès par an en Amérique du Nord.

« Quand nous sommes infectés par un virus, notre système immunitaire induit normalement de la fièvre, qui est un mécanisme naturel de défense au cours duquel sont sécrétées des substances qui freinent la réplication du virus. Or, en prenant des antipyrétiques, on prive notre corps de ce moyen de combattre le virus », expliquait Paul Andrews, l’un des auteurs de l’article publié sur le site Proceedings of the Royal Society, au Devoir en début d’année.

Malgré tout, les chercheurs tiennent à modérer leurs résultats en précisant que d’autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte dans la propagation du virus. « Le fait que les individus qui consomment ces médicaments se sentent mieux et aillent alors au travail ou à l’école, où ils transmettent le virus » en fait partie, explique-t-ils. Leurs conclusions les poussent néanmoins à penser qu’il est nécessaire de revoir les manuels de médecine qui affirment qu’administrer des antipyrétiques lors d’une grippe est sans danger.

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