Vers un « business » de la citoyenneté ?

(flickr/lukemontague)
(photo flickr/lukemontague)

Alors que la taxation des plus grosses fortunes fait toujours couler beaucoup d’encre en France, certains pays de l’Union Européenne profitent de la situation pour attirer des « investisseurs » potentiels. C’est notamment le cas de Chypre, de la Lettonie ou encore du Portugal.

En Lettonie par exemple, il est possible d’obtenir un visa de cinq ans avec la possibilité d’être naturalisé en investissant au moins 70 000 euros dans une province du pays (chiffre qui est porté à 150 000 euros dans la capitale). Un « deal » qui pourrait plaire à certaines personnes fortunées, notamment russes ou chinoises, puisque grâce au visa letton ce sont toutes les portes de l’Union Européenne qui s’ouvrent (merci l’espace Schengen). Ce business du visa fonctionne en tout cas très bien puisqu’en 2010, 7000 personnes (pour la majorité russes) en ont bénéficié et la Lettonie a pu renflouer ses caisses de près de 600 millions d’euros.

(flickr/dierken)
(photo flickr/dierken)

Les amoureux du soleil, quant eux, peuvent casser leurs tirelires à Malte pour obtenir un passeport. Pour cela, il faut participer à l’ « invidual investisor program » qui consiste à verser 650 000 euros dans un fonds de développement national. Une somme relativement plus accessible que les 1,25 million d’euros demandés par les Pays-Bas.  A partir du 1er octobre et grâce a un programme spécial lancé par le gouvernement hollandais, tous les étrangers pourront obtenir un permis de séjour dans le pays à condition qu’ils investissent cette somme dans l’économie locale.

Enfin, plus au sud, au Portugal, c’est une autre manière de faire. Là-bas, il est délivré un « Golden visa » (véritable nom donné par le gouvernement) à toute personne qui acquiert un bien immobilier d’au moins 500 000 euros et qui le conserve pendant minimum cinq ans. Cette mesure a permis au gouvernement portugais de bénéficier de quelque 225 millions d’euros d’investissements. Mais les « vistos dourados » (visas dorés) ont aussi leurs limites. La semaine dernière un citoyen chinois recherché par Interpol a été arrêté. Il avait obtenu un visa portugais grâce au gouvernement. Problème ? Il risque 10 ans de prison dans son pays pour fraude fiscale.

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