Monsanto et les abeilles : les sauver ou en prendre le contrôle ?

(photo flickr/Andreas)
(photo flickr/Andreas)

Alors que Monsanto, le géant des OGM, vient de perdre une bataille majeure au Chili, l’entreprise américaine est de nouveau sous les soupçons des écologistes. Ceux-ci accusent l’intérêt de la multinationale, depuis quelque temps, pour la santé des abeilles, d’être un moyen de monopoliser son business.

Depuis la fin des années 90 (pour la France) et l’hiver 2006-2007 (pour les Etats-Unis), près de 30 % des ruches s’éteignent chaque année. Normalement, leur mortalité se situe aux alentours de 10 %, selon les apiculteurs. Ces morts sont causées par un mal mystérieux nommé « syndrome d’effondrement des colonies ».

Le site Reporterre explique que plusieurs théories ont été avancées par les scientifiques mais la principale semble être l’utilisation des pesticides. Entre alors en scène Monsanto. En 2011, la firme rachète Beelogics, les « gardiens de la santé des abeilles à travers le monde » selon leurs dires. L’entreprise se targue d’avoir développé un traitement, Remebee, appelé à réduire le syndrome d’effondrement des colonies. Un procédé qui soulève encore beaucoup de questions.

Manifestation anti-OGM à Milly-la-Forêt en septembre 2007 (photo flickr/Davide_Reverchon)
Manifestation anti-OGM à Milly-la-Forêt en septembre 2007 (photo flickr/David_Reverchon)

En 2013, Monsanto organise un sommet sur la santé des abeilles, réunissant chercheurs, apiculteurs et industriels. Une manière de se racheter une conduite auprès des apiculteurs… ou presque. Car certains pensent que Monsanto, par ses recherches et ses rachats, cherche en réalité à diffuser l’idée que les pesticides ne sont qu’un problème mineur et que les abeilles succomberaient à un parasite nommé « varroa destructor ».

Manifestation anti-OGM à Milwaukee, dans le Wisconsin, aux Etats-Unis, en octobre 2013.
Manifestation anti-OGM à Milwaukee, dans le Wisconsin, aux Etats-Unis, en octobre 2013. (photo flickr/Light Brigading)

La réflexion va même plus loin : au sein de l’organisation créée par Monsanto, le Honey Bee Advisory Council, se trouve le propriétaire de Kona Queen, la plus grosse entreprise de production de reines d’abeilles aux Etats-Unis. La société travaille notamment sur des abeilles résistantes au parasite varroa par insémination artificielle. Certains se demandent alors si Monsanto ne chercherait pas tout simplement à créer des abeilles génétiquement modifiées, capables de résister à leurs pesticides. Même si la société affirme le contraire, la Fédération internationale des apiculteurs, Apimundia, craint un monopole de la multinationale qui pourrait, d’un coté, continuer à vendre ses pesticides tueurs et, de l’autre, des essaims capables d’y survivre.

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