Un médicament tueur de vautours fait craindre une catastrophe écologique en Europe

(photo flickr/gwendolen)
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Il a suffi d’une dizaine d’années pour que 95% des vautours disparaissent quand le diclofénac a été introduit en Inde en 1990. Réputé pour être un puissant anti-inflammatoire, le médicament a été largement utilisé auprès du bétail indien. Seul souci : le diclofénac est un poison pour les charognards. Ceux qui représentaient le seul système de traitement des carcasses du pays ont presque tous succombé au médicament présent dans les chairs des animaux morts.

Alertée par le phénomène, la communauté scientifique indienne a fait interdire le diclofénac en mars 2006, suivie de près par le Népal et le Pakistan. Trop tard. Alors que le pays comptait 80 millions de vautours à la fin des années 80, il n’en accueille plus aujourd’hui que quelques milliers. La disparition des charognards a laissé place à d’autres équarrisseurs, les chiens errants, accusés aujourd’hui d’être responsables d’une épidémie de rage qui fait 20 000 victimes chaque année.

Fin mars, l’Espagne, qui compte 90% de la population européenne de vautours (100 000 oiseaux) a autorisé l’utilisation vétérinaire du diclofénac. Une décision qui a immédiatement alerté les protecteurs de la nature et les spécialistes qui ont dénoncé l’ignorance des législateurs espagnols. José Tavares, directeur de la Fondation pour la protection du vautour, a déclaré à The Independent : « Les vautours jouent un rôle extrêmement important. Ils fournissent un service écologique gratuit et unique. Si le diclofénac se généralise en Europe, les carcasses devront être ramassées et incinérées ce qui a un coût énorme ».

Une pétition mise en ligne au début du mois d’avril a récolté 22 300 soutiens et devrait être bientôt être soumise au commissaire européen à l’Environnement. L’objectif des signataires : faire voter un accord paneuropéen interdisant l’usage du diclofénac.

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