Pour dénoncer la surveillance électronique, un député Suisse a accepté que son téléphone soit tracé pendant 6 mois

Au centre, Balthasar Glättli (photo flickr/floheinstein)
 Au centre, Balthasar Glättli (photo flickr/floheinstein)

Balthasar Glättli se trouvait-il à Berne ou à Zurich tel jour, quand a-t-il envoyé des SMS à sa petite amie, avec quels journalistes ou politiciens a-t-il été en contact ? Toutes ces informations, couplées à celles que le conseiller national Vert partage tous les jours sur Twitter et Facebook, permettent de retracer précisément sa vie au cours des six derniers mois. Des données personnelles que Balthasar Glättli a décidé de rendre publiques sur son site internet. Cette surveillance de sa vie, minute par minute, ce fervent défenseur de la neutralité du net l’a effectuée pour dénoncer la surveillance électronique à laquelle est soumis son pays.

Actuellement, les entreprises de télécommunications suisses doivent stocker les données révélant où un téléphone a été utilisé, quels ont été ses interlocuteurs téléphoniques et ses correspondants mails et SMS pendant six mois. Un délai que le Conseil fédéral suisse veut porter à douze mois et auquel les écologistes, notamment, s’opposent farouchement. Autre mesure prévue par la nouvelle loi, la possibilité pour les autorités judiciaires d’utiliser des logiciels mouchards dans le cadre de procédures pénales. Ces « chevaux de Troie » permettront d’enregistrer aussi les conversations sur Skype, par exemple, ainsi que le contenu des mails de l’utilisateur, à son insu.

Les appels, SMS, localisations, tweets et statuts Facebook de Balthasar Glättli pendant 6 mois. (capture d'écran du site de Balthasar Glättli)
Les appels, SMS, localisations, tweets et statuts Facebook de Balthasar Glättli pendant 6 mois. (capture d’écran du site de Balthasar Glättli)

En France, les données techniques des utilisateurs (nom, prénom, numéro de téléphone, adresse, date, heure des appels et des SMS, durée des appels, numéros de l’appelant et du destinataire, numéro de carte bancaire…) sont stockées pendant un an. L’objectif est d’aider l’identification de personnes recherchées par la police dans le cadre d’enquêtes pénales. Depuis fin mars, une loi encadre la géolocalisation qui peut-être utilisée pour des infractions punies d’au moins cinq ans d’emprisonnement (atteinte aux biens) ou 3 ans (atteinte aux personnes).

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