Le piratage de cerveau par ondes électriques, la dernière mode pour améliorer ses performances mentales

Exemple d'un appareil à stimulation transcrânienne à courant direct. (capture écran vidéo YouTube)
 Exemple d’un appareil à stimulation transcrânienne à courant direct “homemade”. (capture écran vidéo YouTube)

La technique est reconnue médicalement depuis plusieurs années pour traiter des maladies comme Parkinson ou l’épilepsie. Mais la nouvelle utilisation qui est faite de la stimulation transcrânienne à courant direct (TDCS) – l’induction d’un courant électrique d’un à deux milliampères dans le cerveau – est loin d’être effectuée dans un lieu aussi règlementé qu’un hôpital. Surtout, la majorité des gens qui y ont recours sont en parfaite santé.

L’objectif de ces « hackeurs de cerveaux », comme ils s’appellent entre eux, est d’améliorer leurs performances mentales grâce à une technique expérimentée par l’armée dans les années 2000 pour diminuer le temps de réaction et augmenter la concentration des militaires. Aujourd’hui, les hackeurs de cerveaux regroupent surtout des joueurs de jeux vidéos ou des matheux qui fabriquent leurs propres dispositifs de stimulation grâce à des matériaux aussi rudimentaires qu’une bande de velcro, une paire d’électrodes et une pile neuf volts. Ils prétendent gagner en performance grâce à l’impulsion de ces micros décharges dans leur cortex cérébral.

« Les personnes qui ont été soumises à la TDCS apprennent deux fois plus vite que celles qui n’ont pas reçu de stimulation électrique », a expliqué Vincent Clark, directeur du département des neurosciences cliniques à l’Université du Nouveau-Mexique, à la radio NPR. Mais si les spécialistes souhaitent attendre plusieurs années de tests avant de déterminer si ce procédé peut être fiable, il se disent inquiets quant à la capacité de la Food and Drug Administration à contrôler la fabrication artisanale de dispositifs électriques. « Comment réglementer quoique ce soit alors que les gens peuvent acheter les matières premières pour 25$ ? », s’est interrogé Hank Greeley, professeur de droit et de bioéthique à l’Université de Stanford.

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