11 ans après avoir adopté une loi contre le viol carcéral, les États-Unis s’engagent à l’appliquer

(photo d'illustration flickr/seantoyer)
(photo d’illustration flickr/seantoyer)

La loi d’élimination du viol carcéral a été adoptée en 2003 par le Congrès américain, à une époque où le phénomène n’était pas encore très bien compris par l’administration et l’opinion publique. Depuis cette date, rien n’a changé. Le gouvernement fédéral des États-Unis a étudié pendant six ans le problème. Se rendant compte qu’il était très largement répandu, il a décidé de prendre trois ans de plus pour écrire des « règles » censées prévenir le phénomène, espérant que les États les accepteraient.

Le Texas, par exemple, a déclaré qu’il rejetterait catégoriquement ces prescriptions. Mais à la surprise générale, alors que les États avaient jusqu’au 15 mai pour approuver ou rejeter les règles gouvernementales – et auquel cas perdre une partie de leurs subventions – la majorité les ont acceptées. Par cette approbation, les États ont reconnu que le viol carcéral – qui concernerait 87 000 détenus par an – était un problème grave, qu’il est de leur responsabilité de trouver une solution et qu’ils peuvent donc être tenus pour responsables s’ils ne font pas tout pour l’endiguer.

Parmi les nouvelles règles, le gouvernement fédéral prévoit l’obligation pour les établissements pénitenciers d’informer les détenus sur la marche à suivre s’ils sont victimes ou témoins de violences sexuelles. Les prisons ont aussi commencé à établir des partenariats avec des centres d’aides pour victimes de viols. Elles doivent par ailleurs tout faire pour limiter le contact entre les détenu(e)s et les gardiens du sexe opposé. Enfin, les prisons doivent mettre en place des protections spéciales pour les détenus vulnérables, notamment la population LGBT (lesbienne, gay, bisexuelle et transsexuelle), particulièrement touchée par le viol entre codétenus. « Les prisonniers avaient l’habitude de plaisanter dans la cour sur les abus sexuels. Ils ne le font plus » a déclaré un éducateur au média Vox.