La manière la plus simple pour lutter contre la pauvreté est aussi la meilleure

A Dadaab, au Kenya, les gens font la queue pour recevoir de l'eau, des couvertures, des bâches et de la nourriture. (photo flickr/Oxfam International)
 A Dadaab, au Kenya, les gens font la queue pour recevoir de l’eau, des couvertures, des bâches et de la nourriture. (photo flickr/Oxfam International)

Dans le combat contre la misère, donner directement de l’argent aux plus pauvres est rarement la solution présentée comme étant la plus efficace. Les ONG, les associations ou même les gouvernements préfèrent souvent répondre à des besoins spécifiques en construisant des infrastructures, par exemple, ou en envoyant de la nourriture ou des vêtements. La crainte principale du transfert d’argent direct ? Que les populations destinataires utilisent les dons pour acheter des cigarettes ou de l’alcool.

Pourtant, une récente étude a établi que les Kenyans qui ont reçu de l’argent via le système de donation GiveDirectly ont gagné en pouvoir d’achat, sont mieux logés, ont moins faim et, en quelque sorte, sont plus heureux que ceux qui n’ont pas reçu de dons. Surtout, en s’appuyant sur 19 études qui ont tenté de mesurer les effets des transferts monétaires sur les habitudes de consommation des bénéficiaires, les auteurs d’une autre enquête menée par la Banque Mondiale ont conclu que, dans 82% des cas, les personnes qui avaient reçu de l’argent avaient diminué leurs dépenses liées à la consommation d’alcool et de tabac.

Mais le phénomène qui pousse à croire qu’envoyer du cash à des personnes démunies va les enfoncer dans leur malheur est devenue une obsession pour certains, explique Paul Niehaus, fondateur de GiveDirectly sur le blog de la Banque Mondiale. « L’abus d’alcool est un vrai problème qu’on ne doit pas sous-estimer, mais c’est assez ironique le nombre de conversations que j’ai eues avec des gens chargés de développement dans des ONG à propos des pauvres et de leur consommation d’alcool – en buvant un verre ».

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