En Indonésie, les patients échangent des ordures ménagères contre des soins

(photo Garbage Clinical Insurance/Dhina Chahyatiningsih)
 Collecte de déchets devant la clinique Mawar Husada. (photo Garbage Clinical Insurance/Dhina Chahyatiningsih)

Le dispositif aurait pu paraître utopiste s’il ne permettait pas à des milliers de personnes de Malang, en Indonésie, d’être soignées gratuitement depuis quatre ans déjà. En échange des consultations et des médicaments délivrés par la clinique Mawar Husada, chaque patient doit apporter des déchets à recycler qui lui seront achetés par la clinique entre 1000 et 3000 roupies le kilo (6 et 18 centimes d’euro). L’équivalent de 10 000 roupies collectés leur donne accès à deux consultations par mois.

Moins d’un an après la mise en place du système baptisé Jasri, quelque 250 familles de Malang étaient déjà inscrites et se pressaient régulièrement devant le centre hospitalier, chargées de sacs remplis de bouteilles en plastique vides ou de vieux papiers pour se faire prodiguer des soins auxquels elles n’auraient jamais eu accès autrement, la population manquant cruellement d’aides de l’État en matière de santé.

Devant la clinique, les déchets s'amoncèlent avant d'être évacués pour être recyclés. (photo Garbage Clinical Insurance/Dhina Chahyatiningsih)
Devant la clinique, les déchets s’amoncèlent avant d’être évacués pour être recyclés. (photo Garbage Clinical Insurance/Dhina Chahyatiningsih)

A l’origine de ce système, cinq étudiants de la faculté de médecine de l’université Brawijaya de Malang, qui ont décidé en janvier 2010 d’agir contre le manque de soins dont sont victimes les Indonésiens. Aujourd’hui, Malang compte cinq cliniques baptisées « Déchets Assurance Clinique » qui permettent aux plus démunis de se soigner dans un pays où la moitié de la population vit avec moins de deux dollars par jour. « Seuls 10 à 15% des gens qui amènent des déchets ont recours aux soins médicaux, les autres le faisant en cas de besoin. Cela permet à l’établissement d’avoir assez d’argent pour financer le centre », explique le docteur Gamal Albinsaid, fondateur du dispositif.

En plus des soins, le centre distribue un manuel pour soigner soi-même les pathologies légères de tous les jours ainsi qu’une « botte magique », un grand panier en bambou pour collecter les épluchures de fruits et légumes qui serviront à faire du compost que les patients pourront revendre comme engrais. Dernier aspect, la ville de Malang est beaucoup plus propre depuis que des milliers d’assurés ramassent les déchets pour les échanger contre des soins.

Recommandé pour vous

1 commentaires

  1. awa 7 années ago

    Bonjour, votre article est vraiment très intéressant! es ce que vous pouvez faire une mise à jour svp pour que je puisse l’utiliser pour un expos? merci beaucoup

    Répondre Like Dislike