Au Koweït, Instagram est utilisé comme un outil de délation

 La page d'accueil du compte Instagram visant à dénoncer des employés de maison en fuite.
 La page d’accueil du compte Instagram visant à dénoncer des employés de maison en fuite.

Les domestiques présentés sur ce compte ont fui nos maisons pour aller travailler ailleurs. Nous voulons inciter les autres employeurs à ne pas les embaucher », détaille le profil Instagram – depuis fermé – de cet utilisateur Koweitien qui encourageait depuis début juin ses compatriotes à dénoncer, photos et informations détaillées à l’appui, les employés de maison qui avaient abandonné leur poste et donc « n’étaient pas dignes de confiance ». Il incitait même les employeurs lésés à se rendre à la police « déposer un dossier devant une cour de justice ».

« De cette façon, l’employé ne peut pas quitter le pays via son ambassade ou un centre de détention et l’employeur n’aura pas à couvrir ses frais de retour au pays », continuait l’utilisateur. A la fin de la semaine dernière, il comptait 2700 followers et les messages de soutien, parfois à caractère xénophobes, se multipliaient. Selon Migrant Rights, ces commentaires reflètent « un discours populaire qui dépeint les domestiques comme des intrus opportunistes », une vision relayée par les médias du Golfe, estime l’ONG.

« S’il vous plait, signalez @mn7asha sur Instagram : un compte pathétique, inhumain et immoral qui expose des domestiques en fuite (qui, pour la plupart, ont été abusées) », écrit cet utilisateur de Twitter.

Après une mobilisation massive des internautes indignés par la teneur du compte, celui-ci a fermé pendant le weekend. Cette polémique a cependant ravivé le débat sur la condition des domestiques au Koweit. Dans l’Emirat, il est nécessaire pour un travailleur immigré d’avoir l’accord de son employeur pour quitter son poste, au risque d’être envoyé en prison ou expulsé, même s’il était victime d’abus.

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