Les Islandais ont interdiction d’appeler leur fille Harriet

L'annuaire islandais liste les gens par leur prénom, le nom de famille indiquant très souvent seulement le fait d'être le fils ou la fille de quelqu'un. (photo flickr/Helgi Halldórsson/Freddi)
 L’annuaire islandais liste les gens par leur prénom, le nom de famille indiquant très souvent seulement le fait d’être le fils ou la fille de quelqu’un. (photo flickr/Helgi Halldórsson/Freddi)

Si vous êtes amené un jour à vous marier avec un(e) Islandais(e), soyez sûr avant de franchir le pas que vous n’avez rien contre le fait d’appeler votre futur enfant Ásfríður, Eybjört, Dimmblá ou un des 3565 prénoms autorisés par le gouvernement islandais. Une concession que Tristan Cardew, un britannique, et sa femme islandaise Kirstin n’ont pas souhaité faire quand ils ont baptisé la petite Harriet, rapporte le Guardian.

Résultat, pendant 10 ans, la jeune fille et son frère Duncan ont dû voyager sous les prénoms de Stúlka et Drengur, “fille” et “garçon” en islandais, leurs véritables prénoms n’étant pas reconnus par le Registre national de Reykjavik.

Mais récemment, les autorités ont décidé d’appliquer la loi à la lettre. « Ils m’ont dit qu’aucun document officiel ne serait émis pour les personnes qui ne portent pas un prénom islandais autorisé », a raconté Tristan Cardew au Guardian. La seule solution pour la famille serait de changer les prénoms de leurs enfants, âgés de 10 et 12 ans.

Même si la situation semble absurde, elle est la conséquence de l’héritage par le pays des coutumes scandinaves. Si le prénom a une telle importance, c’est que c’est lui qui donne son identité à un Islandais. Le nom de famille, considéré comme secondaire, est quant à lui composé du prénom du père ou de la mère suivi de l’attribut « son » pour le fils et « dóttir » pour la fille.

Par conséquent, les prénoms doivent s’intégrer dans la langue islandaise, ne contenir que des lettres de son alphabet et pouvoir se décliner grammaticalement dans une logique de descendance. Dans quelques années, la question du nom de famille que les enfants d’Harriet et de Duncan prendront se posera. Apparemment, il semble inenvisageable pour le gouvernement islandais qu’ils s’appellent Duncanson ou Harrietdóttir, les noms étant composés de lettres qui n’existent même pas dans l’alphabet islandais.

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