L’île de Djerba croule sous les déchets

Montagne de déchets à Houmt Souk, chef lieu administratif de Djerba. (photo Sylvia Schulz)
 Montagne de déchets à Houmt Souk, chef lieu administratif de Djerba. (photo Sylvia Schulz)

L’île de Djerba est une destination prisée par les touristes français. Sans doute grâce à ses plages de sable fin, ses monuments immaculés ou encore ses traditions. Mais depuis quelques temps, il fait moins bon vivre à « Djerba la douce », comme on la surnomme. Et pour cause, des tonnes de déchets s’amoncellent dans les rues.

Il y a deux ans, la municipalité a décidé de fermer le principal site d’enfouissement de déchets de l’île, à Guellala. Selon les autorités, celui-ci avait atteint sa capacité maximale d’accueil des ordures. Mais depuis, aucune solution de remplacement n’a été trouvée. Les détritus s’amoncellent donc dans les rues et les habitants sont excédés. La réouverture de Guellala a été envisagée, mais certains résidents se sont vivement opposés à cette mesure, expliquant que l’enfouissement des déchets est une véritable catastrophe écologique. L’affaire est même remontée jusqu’au président Tunisien et ne s’est toujours pas soldée. En attendant une prise de décision de la part du gouvernement ou de la municipalité, les ordures sont déposées dans des lieux de décharges sauvages, et donc illégaux.

La situation devient intenable pour les habitants. Naim vit dans la ville d’Houmt Souk, au nord de Djerba. Il a expliqué les désagréments causés par les ordures à The Observers : « La nuit je ne peux plus dormir à cause des odeurs. Les gens sont obligés de garder les fenêtres fermées malgré la chaleur. On a vu apparaître une quantité énorme de mouches ». Une situation qui nuit aussi à l’économie de l’île, comme le souligne Ahmed Rhounna, le président de l’Assemblée civile de Djerba. « On s’enfonce dans une crise dont on voit de moins en moins la fin. Nous sommes lassés par les autorités, et notamment du gouvernorat qui joue la montre, alors que l’île de Djerba est un trésor national, non seulement en termes de patrimoine mais aussi d’entrée de devises », explique-t-il. Si aucune solution n’est trouvée d’ici peu, Naim, Ahmed et leurs concitoyens prévoient d’entamer une grève générale.

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