Le “coal rolling”, un doigt d’honneur aux conducteurs de voitures hybrides

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La pratique du « coal rolling », ou « charbon roulant », n’a pas fini de faire polémique outre Atlantique. Il s’agit, pour les automobilistes américains, de lâcher volontairement d’énormes volutes de fumées noires au passage de voitures hybrides et électriques ou de cyclistes. Depuis quelques mois, le phénomène est devenu viral. De nombreux groupes dédiés au « coal rolling » ont éclos sur Facebook, des centaines de milliers de vidéos Youtube sont partagées et les médias américains s’emparent de la question.

La raison de cet essor ? La pratique du « coal rolling » est un moyen, pour quelque conservateurs peu cavaliers, de montrer leur désaccord envers le plan contre le réchauffement climatique présenté par Barak Obama début juin. Le magazine français Reporterre indique que l’objectif des “coal rollers” est aussi de gaspiller le plus d’essence possible – moins chère aux Etats-Unis qu’en Europe – avant que les lobbies écologistes n’aient réussi à faire augmenter son prix. Un procédé extrême, inutile et parfois dangereux pour la visibilité et la santé des autres usagers.

Cependant, cette pratique n’a pas émergé avec l’annonce d’un plan de lutte contre la pollution. Elle existe depuis des années, notamment dans les Etats d’Arizona et d’Idaho. Au commencement, le coal rolling était populaire dans les courses automobiles amateurs. Les coureurs n’hésitaient pas à modifier leurs véhicules pour augmenter la quantité d’essence qui circulaient à l’intérieur du moteur. Cela permettait aux voitures de courses de cracher des nuages de fumée et de donner l’impression qu’elles étaient puissantes et rapides. Un procédé souvent copié par les jeunes américains pour avoir l’air « cool ».

(photo flickr/StreetShotzPhotography)
(photo flickr/StreetShotzPhotography)

Pourtant, ce loisir automobile peu soucieux de l’environnement à un coût. Pour produire cette fameuse fumée noire, les automobilistes doivent installer un pot d’échappement supplémentaire ainsi que des commandes spéciales sur leur véhicule. De telles modifications coûtent environ 500 dollars. La facture peut augmenter si le propriétaire veut libérer une quantité plus importante de gaz d’échappement. La consommation d’essence augmente fatalement lorsque l’on s’adonne au coal rolling. Dans une interview donnée au site Slate US, un installateur du dispositif a expliqué que l’un de ses client mécontent s’était plaint de la surconsommation engendrée par la pratique : « avant il pouvait faire 20 miles avec un gallon d’essence et son véhicule était plus puissant, depuis qu’il pratique le coal rolling, il ne peut parcourir que 10 miles avec la même quantité de carburant ».

Le coal rolling a eu un tel retentissement médiatique que l’Agence pour la Protection de l’Environnement (EPA) s’est saisie de l’affaire. Elle explique dans un communiqué que cette pratique est contraire au Clean Air Act, une loi fédérale qui lutte contre la pollution. Il est interdit, dispose-t-elle, de détourner les dispositifs des véhicules qui permettent de contrôler ou de réduire les émissions de gaz d’échappement dans l’atmosphère.

L’agence ne dispose d’aucun moyen pour éradiquer cette pratique. La vente d’équipements permettant aux amateurs de faire du coal rolling ne peut être interdite : les Américains ont le droit de transformer leur voiture comme ils le souhaitent, tant qu’elle ne roule pas sur la voie publique. Des contrôles scrupuleux auprès des vendeurs d’équipements devraient être observés dans les mois à venir.

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1 commentaires

  1. Lesaintdrome 5 années ago

    Encore une fois, les américains ne sont pas les meilleurs quand il s’agit de montrer l’exemple !
    Le jour où le réchauffement climatique aura atteint un point de non-retour, il ne faudra pas chercher les coupables bien longtemps !

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