En Syrie, les femmes subviennent désormais seules aux besoins de leur famille

Exténuées et anxieuses, des femmes et une petite fille syriennes font la queue pour s'enregistrer auprès de l'UNHCR, près d'Arsal, au Liban. (photo flickr/M. Hofer UNHCR)
 Exténuées et anxieuses, des femmes et une petite fille syriennes font la queue pour s’enregistrer auprès de l’UNHCR, près d’Arsal, au Liban. (photo flickr/M. Hofer UNHCR)

Quatre ans et 171 000 victimes après le début du conflit, la société autrefois patriarcale s’efface peu à peu en Syrie. Le nombre d’hommes décédés ou dans l’incapacité de travailler est considérable. Selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), une famille de réfugiés sur quatre est désormais dirigée par une femme. Même si certaines ont réussi à retrouver une autonomie financière, s’adapter à des métiers qui étaient auparavant réservés aux hommes a été parfois compliqué.

Les travaux de construction, de manutention dans des usines chimiques – où très souvent les règles de sécurité ne sont pas respectées – et le transport de produits agricoles sont désormais des métiers que beaucoup de femmes exercent. Et pas seulement en Syrie mais aussi dans les pays voisins qui ont accueillis des réfugiés, comme le Liban. Là-bas, les femmes sont payées entre 75 et 300$ par mois. Moitié moins que le revenu moyen et nettement moins que le salaire syrien d’avant guerre.

Dans son rapport de juillet, l’UNHCR dénonce « une lutte des femmes syriennes pour la survie de leur famille » dont beaucoup vivent sous la menace constante de la violence ou de l’exploitation. Au cours de son enquête, l’ONG a recueilli 135 témoignages de femmes dont seul un cinquième a réussi à trouver un emploi rémunéré. Beaucoup ont été contraintes de vendre jusqu’à leur alliance de mariage pour acheter de la nourriture à leurs enfants.

Avec 2,9 millions de réfugiés et plusieurs millions de déplacés internes, la Syrie est devenue la crise de déplacement de population la plus importante au monde. Le nombre total de réfugiés devrait atteindre 3,6 millions à la fin de l’année.

Recommandé pour vous

0 commentaires