Le top 10 des agences de pub annonce refuser de travailler avec des clients qui nient le réchauffement climatique

 Les agences de relations publiques (communication, publicité, conseil en stratégie) à l’origine des plus grosses campagnes du monde ont promis qu’elles refuseraient de travailler pour des entreprises qui prétendent que le réchauffement climatique n’existe pas. Promesse durable ou coup de communication ?

Mission de la NASA sur les impacts du climat sur l'écosystème et la chimie de l'environnement arctique en 2011. (flickr/NASA)
 Mission de la NASA sur les impacts du climat sur l’écosystème et la chimie de l’environnement arctique en 2011. (photo flickr/NASA)

Les consultants en relations publiques sont assis à la droite des gens qui dirigent le monde, dans l’industrie et les gouvernements. Ils sont considérés comme fiables, font partie du “processus” et peuvent avoir énormément d’influence. Les agences de relations publiques sont des organisations très puissantes », écrit James Hoggan, un ancien célèbre consultant en relations publiques, désormais directeur de la branche canadienne du Climate Project d’Al Gore.

Alors, quand 25 entreprises de relations publiques et de publicité – dont les 10 plus importantes au monde – déclarent refuser de travailler avec un client qui nierait le changement climatique d’origine humaine, ou qui essaierait de bloquer de nouvelles règlementations visant à réduire l’émission de CO2, cela ne peut être qu’une bonne nouvelle. Car la majorité des campagnes de désinformation commandées par les géants de l’industrie – entre autres pétrolières – sont nées dans le cerveau des dizaines de milliers de communicants qui travaillent pour ces agences à travers le monde.

Parmi elles, le britannique WPP, premier groupe de relations publiques au monde en terme de chiffre d’affaires et maison mère de Burson Marsteller (Danone, EDF) et Oglivy Public Relations (IBM, Coca-Cola, American Express, Nestlé) et les agences Waggener Edstrom (Microsoft, Toshiba, Boeing), Finn Partners (Kraft Foods, PepsiCo, Pfizer), Weber Shandwick ou Text100.

Linfen en Chine, qualifiée par certaines associations de "ville la plus sale du monde". (flickr/sheilaz413)
Linfen en Chine, qualifiée par certaines associations de “ville la plus sale du monde”. (photo flickr/sheilaz413)

« Nous veillons à ce que notre travail soit conforme aux lois locales, aux codes du marketing et à notre propre code de conduite des affaires. Ceux-ci interdisent la publicité mensongère dont fait partie la promotion du déni du changement climatique », a déclaré la porte-parole de WPP.

Cependant, plusieurs indices portent à croire que ces déclarations pourraient malheureusement être un coup de communication de la part des agences de relations publiques afin de redorer leur image. Interrogée par le Guardian, Fiona McEwan, porte parole de WPP, a ajouté à la déclaration précédente que « toutefois, les 150 filiales du groupe prendraient leurs propres décisions concernant l’exclusion de campagnes impliquant l’opposition à des lois visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre ». La firme américaine Edelman s’est elle aussi appliquée à ne pas s’engager explicitement à refuser des contrats avec des négationnistes climatiques :

« La possibilité d’élargir le dialogue de manière constructive pour répondre aux questions d’énergie est le principal critère permettant d’évaluer l’engagement de nos clients », a déclaré l’agence. Un discours langue de bois compréhensible de la part du conseiller en communication de Shell, premier groupe pétrolier (et entreprise numéro 1 mondiale en terme de chiffre d’affaires).

Pollution d'une rivière à Chennai, en Inde. (photo flickr/a_sorense)
Pollution d’une rivière à Chennai, en Inde. (photo flickr/a_sorense)

Ainsi, même si des agences comme Oglivy ont compté parmi leurs clients le WWF ou Greenpeace, et que la plupart d’entre elles s’appliquent à réduire leur empreinte carbone, les spécialistes ont tendance à conclure que « les communicants restent des communicants ».

« La majorité des agences de relations publiques préfèrent rester neutres. En ne prenant pas position, elles laissent les portes ouvertes à tous les clients potentiels. Mais elles ont beau prétendre qu’elles sont au dessus de la mêlée et que ce combat ne les concerne pas, ce sont elles qui conçoivent les campagnes publicitaires, les campagnes de lobbying et les messages que leurs clients veulent transmettre à propos du changement climatique », a déclaré au Guardian Kert Davies, fondateur du Centre des enquêtes climatiques, un organisme spécialisé dans la désinformation sur le changement climatique.

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1 commentaires

  1. agence rp 5 années ago

    Trés bons intentions mais pas sure de voir un changement réel dans les esprits à court terme à propos du développement durable et la gestion du changement climatique. Je crois que ce mouvement n’est qu’une strategie de marketing basé sur RSC

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