Au Honduras, les chefs des cartels utilisent un langage secret pour communiquer depuis leur prison

(photo illustration flickr/boston_public_library)
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Face à des systèmes de surveillance de plus en plus sophistiqués, les réseaux criminels font preuve de toujours plus d’inventivité. Et si l’utilisation de codes par les barons de la pègre pour protéger leurs communications n’a rien de nouveau, les autorités de plusieurs pays d’Amérique Centrale et du Sud ont récemment constaté un essor de l’utilisation d’une méthode de codage bien précise, surnommée “Willas”, comme l’explique le quotidien hondurien El Heraldo.

Gribouillé à la va-vite sur un bout de papier, cet enchainement dans le désordre de lettres et de symboles, paraîtra totalement incompréhensible à un œil non-entrainé. En revanche, lorsque ces notes parviennent à quitter les prisons pour arriver jusqu’à un destinataire initié, elles permettent aux chefs de cartels de donner des ordres à leurs hommes de main. Ainsi, certains mafieux ont parfois pu commanditer un assassinat, coordonner une opération de contrebande ou encore envoyer des messages d’encouragement depuis leurs cellules, comme le rapporte El Heraldo. Cet alphabet secret aurait particulièrement profité à deux des plus grands syndicats du crime de la région : les MS-13 et Barrio 18.

Pendant de longs mois, les autorités compétentes n’ont pas réussi à comprendre le sens de ces “Willas”. Ce n’est qu’à la suite de la saisie d’une note explicative dissimulée dans le portefeuille d’un trafiquant de drogue, un peu plus tôt cette année, que les autorités ont finalement obtenu la clé permettant de déchiffrer le mystérieux alphabet. Le précieux sésame explique comment composer mais aussi interpréter les “Willas”, comme le révèle le site d’information chilien La Tercera.

Interviewée par La Tercera, Macarena Cañas, le procureur chilien chargé du décryptage des notes, a déclaré que ce code d’une complexité rarement égalée pouvait être assimilé “à un véritable alphabet”. Pourtant, même si le secret de leur langage a finalement été percé, les “Willas” semblent encore avoir de beaux jours devant eux. Comme le rapporte El Heraldo, les messages codés fleurissent depuis peu sur Facebook et les plateformes de messagerie instantanée comme WhatsApp. De plus, tout porte à croire qu’il faudra du temps aux services de police des différents pays concernés pour arriver à décrypter efficacement ce langage.

Les polices des pays d’Amérique Centrale et du Sud ne sont pas les seules à s’intéresser aux messages codés des barons du crime. En 2010, la police italienne avait découvert que des mafiosi avaient utilisé un show télévisé pour communiquer avec leur “parrain” coincé derrière les barreaux. Et pour ceux qui se sentent l’âme d’un cryptographe en herbe, le FBI, conscient des possibilités offertes par le web, a eu la bonne idée de mettre à contribution les internautes pour aider à “craquer” des messages codés comme celui-ci :

(capture écran latercera.com)
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