L’Europe victime d’une mafia des chiots

(photo d'illustration flickr/jimmyhsu_tw)
(photo d’illustration flickr/jimmyhsu_tw)

Le chihuahua, le carlin, le yorkshire ou le bouledogue font partie des races de chiens les plus tendances, très sollicitées par les citadins, entre autres pour leur petite taille. Souvent qualifiés de « chiens de designers », ils inondent l’Europe de l’Ouest pour répondre à la demande. De 1000 à 4000 euros pour un chiot né dans un élevage, le prix peut rapidement descendre dès lors qu’on commence à chercher dans des petites annonces ou sur des sites étrangers. Problème, au milieu des annonces postées par des particuliers se cachent des arnaques ou pire, des ventes d’animaux en provenance « d’usines à chiots », très répandues en Europe de l’Est.

Difficile de savoir combien de chiots sont livrés chaque année en France, Allemagne et Grande-Bretagne, les principaux pays de destination, mais les indices recueillis par la douane jusqu’à maintenant tendent à prouver l’existence d’une véritable mafia du chiot. Un accident de la route en Allemagne, par exemple, a permis en 2012 de retrouver une centaine de bébés carlin, bouledogue, husky et Saint-Bernard à l’arrière d’un camion slovaque. Les chiots avaient été entassés dans des caisses souillées d’urine et d’excréments. Un membre du service vétérinaire de la police avait déclaré que les conditions de transport des animaux reflétaient surement leur traitement de l’autre coté de la frontière.

Selon les défenseurs des droits des animaux, l’expansion de ce phénomène est due à la perméabilité des frontières, caractéristique de l’Union Européenne, et la complexité de la réglementation concernant les animaux. Par exemple, en Allemagne, plaque tournante du trafic de chiots, « rien ne peut-être reproché à un transporteur à partir du moment où les vaccins sont en règle », a expliqué la porte-parole de la police allemande à l’époque de l’affaire du camion slovaque. Même si les animaux sont manifestement transportés dans des conditions déplorables. Mais très souvent, les chiots ne sont pas vaccinés, explique Beate Kaminski, du refuge pour animaux Tierheim à Berlin, qui recueille beaucoup de chiens abandonnés dès qu’ils tombent malade. Selon elle, il n’y a réellement qu’une solution pour endiguer le phénomène : « Si vous voulez un chiot, allez dans un refuge ».

Recommandé pour vous

0 commentaires