Des températures élevées entraineraient une hausse des comportements agressifs

  La période estivale serait particulièrement propice à l’éruption de conflits dans le monde à en croire Florence Gaub, chercheuse à l’Institut d’Études de Sécurité de l’Union Européenne.

Un combattant de l'armée syrienne libre à Alep en 2012.  (Photo flicker/a.anis)
  Un combattant de l’Armée syrienne libre à Alep en 2012.
(Photo flicker/a.anis)

L’été 2014 aura été particulièrement meurtrier, conséquence des conflits à l’échelle mondiale et plus particulièrement au sein du monde arabe. L’EIIL (État Islamique en Irak et au Levant) a étendu son emprise sur l’Irak et la Syrie en perpétrant des actes de pure barbarie comme les purges ethniques ou les décapitations d’otages, la lutte entre Israël et les Hamas a causé des centaines de morts et la Libye souffre toujours des affrontements incessants entre factions armées.

Pourtant, selon Florence Gaub, chercheuse à l’Institut d’Études de Sécurité de l’Union Européenne, ce pic de violence dans la région n’aurait rien d’exceptionnel. Bien au contraire, à l’en croire, les mois de juin à septembre seraient particulièrement propices à l’éclatement de conflits armés en raison des températures élevées.

Pour preuve, avance la chercheuse, un grand nombre d’évènements violents ont eu lieu durant les mois les plus chauds de l’année, entre juin et septembre. L’invasion du Koweit en 1990 par Saddam Hussein, l’attaque du Liban par Israel en 2006 ou encore les renversements de Nasser, des rois d’Irak (1958) et de Libye (1969)… Et la liste est longue. Dernière victime d’un coup de chaud : l’ex président égyptien Mohamed Morsi dont la carrière n’aura pas survécu à l’été 2013.

Alors, simples coïncidences ? Le bon sens voudrait qu’il soit plus logique de mener des opérations militaires en été, une fois le froid hivernal et la période des récoltes passés. Néanmoins, cela semble insuffisant pour expliquer convenablement les pics de violence dans le monde arabe, endroit du globe où le climat reste sec et chaud tout au long de l’année.

Une étude controversée parue un peu plus tôt cette année a établi qu’il existerait un lien entre l’augmentation des températures et le nombre de tentatives de meurtres, de viols et d’agressions aux États-Unis. Ces dernières augmenteraient de 10% en moyenne durant l’été par rapport au reste de l’année. L’augmentation serait même de 17% dans le cas d’un été particulièrement chaud (plus de 10 jours de températures supérieures à 32° celsius).

Si en Amérique du Nord cette hausse peut surement s’expliquer par un plus grand nombre d’interactions sociales au cours de la période estivale, l’argument ne tient pas lorsque l’on tente d’expliquer des phénomènes comme la rage du ramadan, une mystérieuse augmentation du nombre d’actes de violence mais aussi d’accidents de voiture au cours du mois saint de l’islam. En 2014, le ramadan ayant eu lieu en juillet, les experts ont pu noter une hausse de près de 9% de ces évènements dans des pays comme l’Égypte ou l’Algérie.

Si cette hypothèse est correcte, peu de chances que le nombre de conflits et de comportements agressifs diminuent au cours des prochaines années. Selon certaines études, le réchauffement climatique pourrait entrainer une augmentation des températures comprise entre 3,3°C et 5,5°C d’ici la fin du 21e siècle.

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