La Russie veut naturaliser des athlètes noirs pour améliorer ses performances en athlétisme

 Interrogé sur l’avenir de l’athlétisme dans son pays, Valentin Balakhnichev, président de la Fédération russe d’athlétisme, n’y est pas allé par quatre chemins mercredi dernier. Pour lui, un retour des russes sur le devant de la scène mondiale devra obligatoirement passer par des naturalisations de sportifs africains.

A Zurich, l'Anglais d'origine éthiopienne  Mo Farah n'aura laissé aucune chance à ses adversaires russes en remportant l'or sur 5000 et 10000 mètres. (photo flickr/jonathanrjones)
  A Zurich, l’Anglais d’origine éthiopienne Mo Farah, double médaillé d’or sur 5000 et 10000 mètres, n’aura laissé aucune chance à ses adversaires russes.
(photo flickr/jonathanrjones)

Avec un total de 22 médailles, dont trois d’or et six d’argent, permettant au pays de se hisser à la quatrième place du classement général, la Russie n’a pas à rougir de sa récente prestation aux Championnats d’Europe d’athlétisme qui se tenaient en août dernier à Zurich. Un avis que ne partage pas le président de la Fédération russe d’athlétisme, Valentin Balakhnichev. Ce dernier considère en effet qu’il est temps de prendre des mesures d’urgence “si la Russie veut un jour pouvoir espérer redevenir une grande nation de l’athlétisme”, comme l’explique le quotidien russe Novye Izvestia.

Balakhnichev est convaincu que si la France et la Grande-Bretagne arrivent à dominer la discipline, c’est avant tout grâce aux athlètes noirs “qui constituent l’ossature” de ces équipes. A titre d’exemple, il cite la Grande-Bretagne dont 14 des 23 médailles auraient, selon lui, été gagnées par des athlètes noirs. L’appel semble avoir été entendu et plusieurs athlètes kényans, spécialisés dans la course de fond, ont exprimé leur volonté de devenir des citoyens russes.

Cette pratique de “naturalisation utile” n’a rien de nouveau dans les milieux du sport de haut niveau. De nombreux pays, dont l’obtention de la nationalité peut s’avérer en temps normal un processus particulièrement laborieux, figurent même parmi les fervents adeptes de cette pratique. Lorsque ces nationalisations servent l’intérêt de la nation, ce ne sont pas les motifs a invoquer – études, travail, mariage, volonté d’avoir accès à de meilleures infrastructures pour s’entrainer, etc – qui manquent.

L'athlète américain Robert Cheseret est originaire du Kenya. Tout comme son frère ainé, Bernard Lagat, il a été naturalisé étasunien. (photo flickr/imcom)
L’athlète américain Robert Cheseret est originaire du Kenya. Tout comme son frère ainé, Bernard Lagat, il a été naturalisé étasunien dans le cadre d’un programme destiné aux sportifs de haut niveau de l’armée américaine.
(photo flickr/imcom)

Si dans ce domaine, les États-Unis ne sont pas en reste, avec plusieurs nationalisations d’athlètes kényans ces dernières années, le Bahreïn peut se vanter d’être devenu une référence. Rachid Ramzi, coureur de demi-fond Bahreïni d’origine marocaine, a rapporté deux médailles d’or au royaume en 2005 à l’occasion des mondiaux d’Helsinki. Autre exemples, Maryam Yussuf Jamal et Yussuf Saad Kamel, Bahreïnis d’origine éthiopienne, qui ont tous les deux remporté les championnats du monde sur 1500 mètres en 2009.

En France aussi, on a parfois recourt à la nationalisation en matière d’athlétisme et dans ce domaine l’exemple le plus célèbre est surement celui d’Eunice Barber. En effet, la Sierra Léonaise d’origine venait tout juste d’obtenir sa nationalité française au moment de remporter la médaille d’or en heptathlon lors des Championnats du Monde d’athlétisme, en 1999. Une victoire obtenue au terme d’un duel épique l’ayant opposée à la Britannique Denise Lewis, elle-même… d’origine jamaïcaine.

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