Une université indienne rouvre ses portes 800 ans après sa fermeture

  Au moyen-âge, Nalanda University était de loin la plus célèbre des universités du monde indien. Après avoir été abandonnée pendant plus de 800 ans et laissée à l’état de ruines, elle rouvre ses portes cette année. Pour s’assurer du succès de cette entreprise titanesque, un consortium de 15 pays d’Asie a accepté de financer l’université à hauteur de 500 millions de dollars.

Les ruines de l'ancienne université de Nalanda, dans le nord-est de l'Inde. (photo flickr/wonderlane)
  Les ruines de l’ancienne université de Nalanda, dans le nord-est de l’Inde.
(photo flickr/wonderlane)

Bâtie sous l’empire Gupta, cette université située dans l’État indien de Bihar, dans le nord-est de l’Inde, a longtemps été le plus grand centre d’apprentissage hindouiste au monde. De son ouverture au Ve siècle jusqu’à sa destruction en 1197 par les conquérants turcs, l’ancienne université (dont le nom Nalanda signifie “ne s’arrête jamais de donner”, ndlr) a fait bien plus que former l’élite de toute une nation.

Ce lieu iconique du monde indien a successivement permis aux dynasties Gupta et Magadha d’asseoir leur domination sur le pays en rayonnant culturellement. Pour preuve, la bibliothèque de Nalanda aurait été si grande qu’elle aurait brûlé sans interruption pendant trois mois après que les assaillants turcs ne décident d’y mettre le feu.

Et c’est bien pour ne rien perdre de la symbolique du lieu que la nouvelle université de Nalanda a été reconstruite en bordure des ruines de l’ancienne, à quelques kilomètres seulement de la ville de Rajgir, dans l’actuel État indien de Bihar. Cette partie de l’Inde est mondialement connue pour sa concentration importante de sites religieux. Le plus célèbre étant le Bodh Gaya, lieu myhtique ou le Bouddha aurait connu l’éveil.

L’objectif affiché de la nouvelle université indienne est de redonner à l’Inde l’esprit “d’apprentissage cosmopolite” qui caractérisait le pays autrefois. En effet, l’Inde moderne possède très peu d’universités d’envergure mondiale, à l’exception peut-être de l’Indian Institutes of Technology, basé à Delhi. En raison de la notoriété passée de l’université, le projet un peu fou de réhabilitation de Nalanda a attiré quelques grands noms du pays. Par exemple, c’est le prix Nobel d’économie Amartya Sen, qui y fera office de recteur.

Près de 15 pays d’Asie se sont engagés à financer le projet. Malheureusement, en raison de l’illustre lenteur de la bureaucratie indienne, mais aussi à cause de promesses de dons qui ne se sont pour le moment toujours pas concrétisées, le futur de l’université demeure incertain. Il n’y aurait pour l’instant qu’une quinzaine d’étudiants inscrits, dont seulement deux en provenance de pays étrangers. Une inauguration formelle devrait néanmoins avoir lieu mi-septembre.

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