Les étrangers interdits de WiFi en Corée du Nord

  Au mois d’août dernier, le gouvernement nord-coréen a émis un décret interdisant l’usage des réseaux WiFI par les étrangers dans le pays. La mesure touche aussi bien les ressortissants étrangers que les ambassades et les ONG établies dans le pays.

Un touriste américain sans réseau téléphonique ni WiFi à Pyongyang en 2008. (flickr/(stephan))
 Un touriste américain sans réseau téléphonique ni WiFi à Pyongyang en 2008. (flickr/(stephan))

Le 13 août dernier, les autorités de régulation de la radio d’État nord-coréenne ont informé les missions diplomatiques et autres organisations internationales opérant au sein du pays que leur “droit d’utiliser les réseaux WiFi et/ou locaux venait d’être abrogé », comme le rapporte le site internet d’information NK News. Invoquant comme motif principal des raisons de sécurité nationale, les autorités nord-coréennes ont néanmoins tenu à préciser dans leur communiqué qu’elles étaient “honorées d’informer [les entités étrangères] que les signaux émis par les réseaux sans fil de la région impactaient de manière négative le milieu environnant ». Avant de spécifier aux dites organisations qu’elles ne disposaient que d’un temps limité pour démanteler l’intégralité de leur équipement sans fil.

Indirectement visés par cette mesure, les citoyens nord-coréens sont ceux qui pourraient le plus pâtir de cette nouvelle loi. En effet, nombre d’entre eux utilisaient les réseaux WiFi des ambassades comme plateformes d’accès à l’internet mondial et contourner la censure du régime. Le phénomène avait d’ailleurs pris une telle ampleur que les prix des appartements situés à proximité des ambassades avaient récemment commencé à exploser.

Toute violation de la loi sera punie d’une amende de 1,5 million de wons nord-coréens (soit environ 1120 euros). A l’avenir, il pourrait être possible pour certaines entités étrangères d’obtenir un permis spécial les autorisant à utiliser le WiFi. Si aucune précision n’a été apportée concernant les conditions requises, tout laisse croire que lesdits permis ne seront accordés qu’aux organisations qui s’engagent à ne pas laisser les citoyens nord-coréens utiliser leur réseau.

Cette nouvelle fait suite à l’annonce par le gouvernement nord-coréen, début août, que les cartes SIM octroyées aux touristes seront dorénavant désactivées au moment de leur départ. En effet, les étrangers visitant la Corée du Nord se voient systématiquement accorder des cartes SIM spécifiques permettant d’accéder à l’internet mondial – dont Facebook et Twitter, autrement bannis du réseau – par le biais de l’opérateur de téléphonie local Koryolink. A l’heure du départ, nombre d’entre eux décidaient de laisser leur carte SIM à des nord-coréens, leur permettant ainsi d’avoir un accès sur le monde extérieur.

Ce récent décret n’a rien de surprenant au vu des efforts du gouvernement nord-coréen pour préserver son monopole de l’information. Le pays vient d’ailleurs tout juste de condamner un touriste américain à six ans de travaux forcés pour avoir commis des « actes hostiles envers le régime ». Un autre touriste américain est en instance de procès pour avoir laissé une bible dans les toilettes d’un club de la ville portuaire de Chongjin.

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