Un proche de Poutine rachète VKontakte, le Facebook russe

 Ce mardi, Mail.ru la compagnie possédant le second réseau social de Russie, Odnoklassniki, a racheté le premier réseau social de Russie, VKontakte, pour la somme de 1,47 milliard de dollars (813 millions d’euros). L’accord signe la fin d’une lutte sans merci entre le fondateur du réseau social, Pavel Durov, Mail.ru et United Capital Partners (UCP).

à Berlin en 2013 (flickr/techcrunch)
 Pavel Durov, le fondateur de VKontakte, à Berlin en 2013. (flickr/techcrunch)

En un peu plus d’un an, Mail.ru – qui était déjà propriétaire d’Odnoklassniki, le second réseau social de Russie – a réussi un tour de force en prenant le contrôle total de VKontakte (surnommé VK), premier réseau social russe. Si l’information peut sembler anodine, ce rachat risque d’être porteur de lourdes conséquences pour la liberté d’expression en Russie dans la mesure où Mail.ru exerce désormais un contrôle presque total sur les réseaux sociaux du pays. Plus inquiétant encore, le propriétaire de Mail.ru, Alisher Usmanov, est connu pour être un proche du Kremlin considéré par certains comme étant tout bonnement aux ordres du président russe, Vladimir Poutine.

Le rachat des 48% que ne possédait pas déjà Mail.ru pour la “modique” somme de 1,47 milliard de dollars (813 millions d’euros) met également fin à un long combat pour le contrôle de l’entreprise, mêlant intérêts financiers, conflits personnels et pressions politiques, qui aura duré presque 3 ans. Le grand perdant dans l’histoire se révèle être le fondateur de VKontakte lui-même, Pavel Durov, ancien PDG de l’entreprise qui avait démissionné. Il était revenu en poste, avant d’être finalement licencié en avril dernier après avoir été forcé de céder 12% de ses parts à Usmanov. Durov avait ensuite révélé avoir été poussé vers la sortie par les proches du Kremlin.

Un exemple de page du réseau social VK.com (capture écran VK.com)
Un exemple de page du réseau social VK.com (capture écran VK.com)

VKontakte est le premier réseau social du monde en langue russe et se positionne devant Facebook dans de nombreux pays dont la Russie et l’Ukraine. Ses statistiques sont tout simplement impressionnantes : 250 millions de membres inscrits pour plus de 60 millions d’utilisateurs uniques quotidien. Par le passé, VK s’était illustré par son opposition aux désirs de censure du président russe. En 2013, son fondateur Pavel Durov avait par exemple opposé un refus catégorique aux demandes du FSB. Les services de renseignement russe l’avaient contacté pour obtenir des informations personnelles sur les organisateurs du groupe à l’origine de la contestation en Ukraine.

Le récent rachat des derniers 48% qui manquaient à Mail.ru entérine la défaite de Durov pour garder le contrôle de son réseau social. Depuis de nombreux mois, le fondateur de VK se battait en justice pour récupérer le contrôle des parts cédées en 2013 à UCP – un fond spéculatif russe également dirigé par une personnalité proche du Kremlin – par deux des autres fondateurs du réseau social. Durov avait dénoncé cette vente comme étant une tentative du Kremlin de renforcer son contrôle sur l’Internet russe.

D’un commun accord, l’acquisition totale de VK par Mail.ru a mis fin à toutes les poursuites en cours dont des revendications du fond spéculatif UCP concernant l’application Telegram. Souvent comparé à Whatsapp, le service de messagerie instantanée lancé par Durov en 2013 en marge de VKontakte est très prometteur. Si l’accord semble convenir à Durov, qui sauve la face et sa potentielle poule aux œufs d’or, les grands perdants pourraient bien être les citoyens russes…

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