Miner des astéroïdes, le projet de Michael Bay et Larry Page va-t-il se concrétiser ?

 Ces dernières années, plusieurs entreprises privées ont annoncé leur intention de partir à la conquête des ressources minières de l’espace. À travers l’Asteroids Act, le Congrès américain débat actuellement de la légalité de telles pratiques.

(capture http://deepspaceindustries.com)
 (capture http://deepspaceindustries.com)

Prospecter, récolter, transformer, produire. A première vue, le credo de l’entreprise américaine Deep Space Industries, peut sembler banal. Après tout, ces étapes sont suivies point par point par la quasi totalité des exploitants de matières premières du monde. A la différence près que pour cette entreprise du secteur spatial, il n’est pas question de creuser des carrières ou d’exploiter des gisements mais de miner des astéroïdes dans l’espace pour y récolter des métaux et autres matières premières raffinables avant de les acheminer vers la Terre (ou un jour, qui sait, peut-être d’autres colonies humaines).

Si le scénario relevait, il y a encore peu de temps, de la science fiction, il semblerait que les quelques entreprises qui se sont positionnées sur le secteur soit presque prêtes à lancer les premières missions de prospection. Assez, en tout cas, pour que le 9 septembre dernier, une sous-commission du Congrès américain débatte d’une proposition de loi qui rendrait les exploitants explicitement propriétaires de tout les matériaux qu’ils arriveraient à extraire d’un astéroïde. Le résultat d’une intense campagne de lobbying de la part de poids lourds du milieu comme Deep Space Industries ou Planetary Resources, une entreprise financée, autre autre, par Larry Page et Eric Schmidt de Google ainsi que par le réalisateur James Cameron. Ces nouveaux colonisateurs se montrent de plus en plus déterminés à s’attaquer rapidement à ce qu’ils considèrent comme la dernière frontière de l’humanité.

Si de nombreuses prouesses technologiques restent encore à accomplir avant que ce type de projets ne puisse voir le jour, un autre problème autrement plus épineux se pose : les lois internationales. Le Traité de l’espace, un accord international signé par 102 pays (dont les États-Unis et la France) en 1967, interdit aux pays de s’approprier les corps célestes. En revanche, il n’est fait mention nulle part de compagnies privées souhaitant miner des astéroïdes, d’où le débat mouvementé qui agite les experts.

Le Congrès américain semble pour le moment considérer que de telles pratiques ne contreviendraient pas à législation internationale dans la mesure où “faire usage” de ces matières premières serait par essence différent de l’appropriation d’un objet céleste. L’un des précédents cité régulièrement est celui des roches lunaires rapportées sur Terre par les missions Apollo. La NASA ne s’était alors pas appropriée la Lune mais en avait simplement ramené des fragments. La nature même des astéroïdes fait également débat. Doivent-ils, ou non, être considéré comme des corps célestes ou bien le qualificatif ne serait-il applicable qu’aux planètes et aux lunes ? Le Congrès américain va devoir apporter une réponse à cette question avant de s’intéresser de nouveau à des problématiques plus terre à terre.

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