Le safari humain menace les Indiens péruviens

Des missionnaires évangélistes au contact de jeunes Mascho Piro. (photo Fenamad/Facebook)
 Des missionnaires évangélistes au contact de jeunes Mascho Piro. (photo Fenamad/Facebook)

Pour la quinzaine d’ethnies indiennes du Pérou totalement coupées du monde et avec lesquelles les autorités péruviennes interdisent de rentrer en contact, il existe deux principales menaces. La première, les maladies telles que la grippe ou la rougeole qui, même si elles sont communes en occident, ont disséminé des tribus entière dans le passé, l’isolement rendant les Indiens du Pérou particulièrement vulnérables. La seconde, les bûcherons illégaux et les entreprises pétrolières auxquelles le Pérou a vendu 70% de sa foret amazonienne. Mais depuis peu, une troisième menace guette les Indiens – et plus particulièrement la communauté des Mascho Piro –, les safaris humains organisés illégalement par les tours opérateurs locaux.

Contre une somme d’argent d’environ 1200 euros, les touristes en mal d’exotisme peuvent ainsi « entrer en contact avec des tribus locales méconnues ». Une pratique illégale passible d’une peine d’emprisonnement. Interrogé par The Observers, Hector Sueyo, conseiller technique à la Fenamad, une organisation de défense des droits des peuples indiens, a raconté qu’en plus de mettre en danger les populations en les exposant à des maladies contre lesquelles leur système immunitaire fragile ne pourra pas lutter, cette pratique peut bouleverser le rythme de vie des indigènes. « Les touristes viennent souvent avec de la nourriture, un geste qui plaît aux Indiens mais qui leur donne de mauvaises habitudes ». Récemment, des patrouilleurs autorisés à se rendre dans la réserve ont essuyé des tirs de flèches de la part de Mascho Piro parce qu’ils n’avaient aucune victuaille sur eux.


Un policier ordonne à une membre de la tribu Jarawa de danser pour lui.

Le phénomène n’est pas nouveau et la Fenamad se bat depuis plusieurs années pour lutter contre les voyagistes qui proposent parfois aux touristes de passer plusieurs jours dans le parc naturel de Manu où vivent les Mascho Piro. En Inde aussi le safari humain fait scandale, en particulier sur l’archipel des Andaman où vit la tribu Jarawa, découverte à la fin des années 1990. Là-bas, les voyagistes bénéficient même de la complicité de la police pour organiser leur petit commerce.

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