Une équipe de scientifiques veut éradiquer la rage une bonne fois pour toute

(photo flickr/elwillybobby)
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Malgré le vaccin contre la rage développé en 1885 par Louis Pasteur, le virus continue de faire 69 000 victimes chaque année. Pas en France – où la rage est considérée comme disparue depuis 2001 – ou dans la plupart des pays d’Occident, mais dans de nombreuses régions d’Afrique et d’Asie où elle tue près de 100 enfants chaque jour. Principale cause : encore trop d’animaux ne sont pas vaccinés à travers le monde. En Inde, par exemple, la rage est un problème de santé publique qui provoque le décès de 20 000 personnes par an. New Delhi, sa capitale, est sillonnée par 260 000 chiens errants.

Mais une équipe internationale de vétérinaires est bien décidée à éradiquer définitivement le virus. Selon elle, la vaccination de 70% de la population canine mondiale suffirait à rendre les chances de contamination humaine presque nulles. Car supprimer la rage ne reviendrait pas seulement à sauver plusieurs dizaines de milliers de vies, cela permettrait surtout des économies phénoménales. En Afrique, le traitement d’une personne infectée coûte 40 dollars contre 49 dollars en Asie. Alors que le vaccin coûte seulement 3 dollars. L’Inde dépenserait 25 millions de dollars chaque année pour soigner les personnes contaminées par la rage.

Seulement, au regard du nombre de chiens errants dans le monde, le pari semble fou. Rien qu’au Bangladesh, l’OMS dénombre 1,2 million de chiens non vaccinés. Felix Lankester, un vétérinaire qui a beaucoup travaillé en Afrique, est pourtant persuadé que l’objectif est réalisable. Durant les cinq dernières années, son équipe et lui ont rencontré 185 communautés de Tanzanie afin d’y vacciner tous les chiens. « On attrapait les premiers chiens de la journée au filet puis, petit à petit, les enfants venaient nous voir. Ce sont eux qui détiennent les chiens là-bas. A la fin, nous arrivions à vacciner un millier d’animaux par jour », a-t-il expliqué à la radio NPR. Et le travail acharné a payé. Depuis qu’ils ont commencé leur mission, le nombre de décès dus à la rage est passé de 50 à zéro dans la région.

L’OMS espère éliminer la rage d’ici l’année prochaine en Amérique latine et d’ici 2020 en Afrique et Asie.

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