En Syrie, une start-up fabrique du pétrole à partir de plastique trouvé dans les rues

(photo illustration Flickr/Rusticus80)
(photo d’illustration Flickr/Rusticus80)

Plus de deux ans de siège ont rendu les habitants de Ghouta-est, dans la banlieue de Damas, à cours de presque tout. Une situation qui a contraint les 500 000 Syriens de cette région à développer des moyens alternatifs pour s’approvisionner en produits de première nécessité. Entre autres, trouver de l’essence pour faire fonctionner les groupes électrogènes et remplir le réservoir des voitures est devenu quasi impossible. C’est dans ce contexte qu’Abu Talal, 43 ans, ancien peintre en carrosserie, a eu l’idée de transformer son atelier en raffinerie de pétrole, raconte le site d’information Syria Deeply.

« Nous allons récupérer du plastique dans les quartiers et bâtiments qui ont été désertés après avoir été bombardés par les forces du régime. Nous prenons tout ce que nous pouvons trouver comme les réservoirs d’eau ou les tuyaux », explique le Syrien. Une fois la collecte effectuée, son équipe et lui transforment le plastique en copeaux dont ils remplissent chacune des cuves rouillées d’une capacité de 50 kg. Deux tubes s’échappent des réservoirs rudimentaires, un pour refroidir l’eau extraite de la préparation, l’autre pour garder prisonniers les gaz produits par la combustion du plastique. Le raffineur en herbe explique qu’il faut changer les cuves toutes les deux fournées pour limiter les risques d’explosion. Deux à trois heures plus tard, après avoir chauffé l’alliage entre 100 et 115 degrés, Abu Talal et son équipe arrivent à extraire un simili diesel capable de faire tourner un moteur de voiture ou de moto.

En vendant son litre de gasoil environ 3€, Abu Talal fait un bénéfice de 60 centimes d’euro par litre, une affaire qui permet à sa quinzaine d’employés de gagner jusqu’à 5€ par jour, le salaire moyen en Syrie avant le début du conflit. Un travail qui n’est pas sans conséquence pour la santé. L’entrepreneur admet que plusieurs de ses employés de sont plaints de toux violente après avoir respiré les vapeurs de combustion. Un processus dangereux dont les risques à long terme sont aussi importants que celui de voir l’installation exploser. « Mais qui nous permet de subvenir aux besoins de notre famille ».

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