Un éléphant a 76 fois plus de valeur vivant que mort

 Le tourisme impliquant des pachydermes peut rapporter beaucoup plus que leur braconnage et le trafic d’ivoire s’ensuivant. Telles sont les conclusions d’un rapport de l’ONG David Sheldrick Wildlife Trust intitulé “Dead or Alive”.

(source flickr/blieusong)
 (source flickr/blieusong)

Savez-vous quel est le point commun entre les raies manta, les requins et les éléphants ? Les représentants de ces trois espèces, toutes victimes récurrentes de braconnage, ont bien plus de valeur vivants que morts. C’est du moins ce que révèle un nouveau rapport de l’ONG David Sheldrick Wildlife Trust, qui se consacre à la protection des espèces menacées d’Afrique, intitulé “Dead or Alive”. En effet, alors que la vente d’ivoire rapporte aux alentours de 16 500 € par éléphant au marché noir, un éléphant vivant peut potentiellement rapporter près de 1,6 million d’euros grâce aux revenus tirés d’activités touristiques comme l’écotourisme (une forme de tourisme durable centrée sur la découverte de la nature, ndlr).

Le rapport se base sur des données collectées entre janvier et août 2014, période au cours de laquelle près de 43 cargaisons illégales d’ivoire ont été saisies dans le monde. Un trafic représentant près de 18 tonnes d’ivoire arrachées à environ 2000 éléphants, selon les estimations de l’ONG. Et si la valeur totale de ces saisies est évaluée à près de 29 millions d’euros, il faut garder en tête que ces chiffres ne représentent que la partie émergée de l’iceberg dans la mesure où les douaniers ne réussissent à intercepter qu’une petite partie (environ 10 %) du trafic total. Selon l’ONG, un éléphant serait tué pour son ivoire toutes les quinze minutes en Afrique.

Ces données, l’ONG les a comparées aux chiffres d’affaires générés par des camps d’écotourisme, mais aussi par des tour-opérateurs de safaris photo en Afrique du Sud, Kenya, Tanzanie et Zambie. Il en ressort qu’un éléphant leur rapporte près de 18 000 euros par an, soit près de 1,6 million d’euros à l’échelle d’une vie – dans son habitat naturel un éléphant peut vivre en moyenne 70 ans.

Les auteurs de l’étude reconnaissent que si leur approche n’est pas très orthodoxe (comparer des animaux à des marchandises), elle a au moins le mérite d’alerter le public. Rob Brandford, en charge du programme “iWorry ivory awareness campaign du Sheldrick Trust s’est d’ailleurs justifié en expliquant que « protéger les éléphants constitue un acte rationnel d’un point de vue économique ». « Qu’importe que vous soyez responsable d’une réserve en Tanzanie ou en charge d’un parc national au Kenya, garder les éléphants vivant attirera les touristes et boostera l’économie de votre pays », a-t-il ajouté.

S’il faut bien garder à l’esprit que les conclusions de cette étude ne sont pas valables pour tous les éléphants d’Afrique – un grand nombre d’entre eux vivent dans des pays n’étant pas propices à l’écotourisme – la comparaison économique n’est pas dénuée d’intérêt. Surtout lorsque l’on sait que, selon certains défenseurs d’éléphants, le braconnage pourrait mener à l’extinction totale de ces derniers, mais aussi des rhinocéros, d’ici seulement une vingtaine d’années.

Recommandé pour vous