Quatre internautes adultes sur dix auraient été victimes de harcèlement en ligne

 Selon une étude du Pew Research Centre, un organisme de recherche indépendant américain basé à Washington, trois internautes adultes sur quatre auraient été témoins de harcèlement en ligne et quatre sur dix en auraient été des victimes directes.

(photo flickr/powtac)
 (photo flickr/powtac)

Avec la démocratisation du terme “trolls”, dont sont qualifiés ces internautes qui tirent un malin plaisir de l’agressivité et de la méchanceté gratuites dont ils font preuve sur la toile, le harcèlement en ligne est devenu un phénomène relativement connu du grand public ces dernières années. Pourtant, les résultats de cette étude sur le sujet du Pew Research Centre, un organisme de recherche indépendant basé à Washington aux États-Unis, demeurent particulièrement choquants : 40% des internautes adultes auraient été victimes de harcèlement sur le net et 75% en auraient été témoins.

L’étude, conduite sur un panel de 2849 adultes, s’est intéressée à six formes de harcèlement en ligne qui vont “de l’attribution de noms d’oiseaux aux comportements franchement menaçants” et les a divisées en deux sous-catégories : les formes “légères” de harcèlement – comme les insultes ou les moqueries – et les formes “plus graves” – comme le cyberharcèlement obsessionnel (aussi connu sous le nom de stalking, nldr) et le harcèlement sexuel.

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Selon l’étude, les hommes sont plus susceptibles d’être victimes de harcèlement que les femmes. Néanmoins, le type de harcèlement varie selon le sexe des personnes concernées. En effet, si les membres de la gent masculine sont plus susceptibles d’être insultés, victimes de moqueries ou d’être menacés physiquement, les femmes, elles, seront plus souvent victimes de “stalking” et/ou de harcèlements à caractère sexuel.

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L’étude nous apprend aussi que les jeunes, même adultes, restent les premières victimes de harcèlement en ligne. 65% des 18-29 ans en auraient été victimes et ce chiffre monte à 70 % lorsque l’on s’intéresse aux 18-24 ans. Au sein de cette tranche d’âge, les jeunes femmes sont des cibles privilégiées. Un quart d’entre-elles déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel et un nombre similaire déclare avoir été la victime d’un “stalker”.

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L’étude s’est également penchée sur les lieux virtuels où se produisent ces harcèlements. Selon le centre, ces comportements ont le plus souvent lieu sur les médias sociaux (66 %), sur les chats de jeux vidéos en ligne (16%) et sur les sections commentaires des sites internet (22 %). Enfin, il est assez glaçant d’apprendre que dans 38% des cas, les victimes de harcèlement ont déclaré avoir été la cible d’un total étranger et que 26% déclare n’avoir pas pu connaître sa réelle identité. Dans plus de la moitié des cas, la victime ne connaissait donc pas son agresseur.

En France le harcèlement en ligne est un délit passible de 2 ans de prison et de 30 000 euros d’amende. La peine maximale peut être portée à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende “si les faits ont causé une incapacité totale de travail de plus de huit jours (anxiété, stress…) ou si la victime a moins de 15 ans”. En France, il est possible de signaler ce genre d’agissement, comme tout autre contenu illicite de l’Internet, par le biais du site PHAROS, un téléservice de l’administration française.

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