Au Japon, des lycéens jouent à un jeu vidéo dont le but est d’aller au lycée

 Tout comme leurs camarades du lycée traditionnel, les élèves du cyber programme de Misei vont tous les matins au lycée et s’assoient dans les salles de classe pour étudier. A la différence près que les élèves de ce cursus en trois ans n’assistent pas aux cours en chair et en os mais à travers un jeu vidéo.

(capture d'écran : https://www.youtube.com/watch?v=ufyTpQGhU74)
  (capture d’écran : https://www.youtube.com/watch?v=ufyTpQGhU74)

C’est un cursus scolaire par correspondance d’un nouveau genre que s’apprête à lancer au printemps prochain le lycée privé Meisei dans la préfecture de Chiba, à proximité de Tokyo. Entièrement en ligne, le programme d’une durée de trois ans se situe à mi-chemin entre un MOOC et un « serious game » et sera proposé en parallèle des formations classiques.

Afin d’être aussi immersif que possible, l’univers virtuel au sein duquel évoluera l’élève reprend tous les codes des jeux vidéo populaires chez les adolescents. Une fois connecté par le biais de son ordinateur, de son smartphone ou de sa tablette, l’élève devra dans un premier temps se choisir un avatar (personnage qu’il ou elle incarnera au sein de l’espace virtuel, ndlr).

Il lui faudra ensuite faire évoluer son personnage dans un univers virtuel à mi-chemin entre FarmVille et les Sims ou Second Life. On y trouve bien sûr le lycée et ses différentes salles de classe mais aussi un parc, une piste d’athlétisme, des boutiques proposant des produits virtuels, mais aussi un étang pour pêcher et même des champs à cultiver.

Si les élèves de ce cyber-lycée pourront interagir entre eux par l’intermédiaire d’un chat, ils devront également assister quotidiennement à des cours, sous la forme de pastilles vidéo de 25 minutes, préenregistrés par leurs enseignants. Ici, l’interface fait beaucoup penser à celle des MOOCs que l’on peut trouver sur des plateformes comme Coursera et EDX.

Chaque cours sera suivi d’un test de connaissances, afin de vérifier les acquis, comme dans un cursus traditionnel. En revanche, le système de notation n’a rien de classique puisqu’il sera calqué sur le système de récompense qui régit bien souvent le monde des RPGs (jeux de rôle stratégiques, ndlr). Ainsi, les bons élèves se verront récompensés par des pièces d’or qu’ils pourront ensuite utiliser dans les différentes boutiques pour débloquer des options de personnalisation de leurs avatars. Dans les rayons : de nouvelles tenues, des accessoires voire même de nouvelles coupes de cheveux…

L’objectif premier du programme, expliquent ses créateurs, est de lutter de façon innovante contre l’absentéisme et le décrochage scolaire. Dans une interview accordée au Wall Street Journal, le porte-parole de l’école, Mr. Kota Hasegawa, explique ainsi qu’au Japon, de « nombreux étudiants craignent d’aller en cours pour des raisons multiples pouvant être liées au travail, au harcèlement ou à des problèmes relationnels ». Il considère l’expérience virtuelle comme une « première étape pour dépasser leur difficulté d’intégration ».

L’année scolaire au sein de ce cyber-lycée coûte 1309 euros. A l’issue des trois ans, l’élève obtiendra un diplôme équivalent à celui des élèves ayant suivi un cursus classique, comme le précise le site Internet de l’école. Les élèves devront tout de même quitter leur clavier un minimum de quatre fois par an afin de prendre part à des réunions d’orientation dans l’enceinte physique du lycée Meisei.

Selon les chiffres du ministère de l’Éducation japonais, l’absentéisme touchait près de 2,5 % des lycéens de l’archipel en 2013. La première raison avancée pour expliquer le phénomène aurait trait au harcèlement en cours, juste devant les difficultés économiques et/ou médicales. En 2013, le ministère dénombrait 55 248 cas de harcèlement dans les collèges et 11 039 cas dans les lycées.

Le nouveau programme sera attentivement suivi par le ministère de l’Éducation du pays. Si elle réussit à faire ses preuves, cette solution pourrait également être adoptée par des élèves dans l’incapacité de se déplacer pour des raisons médicales.

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