Combien de caméras de surveillance dans votre ville sont consultables sur Internet ?

(capture écran du site Insecam.com)
(capture écran du site Insecam.com)

Visiblement, à Lyon, où est implantée la rédaction de 8e étage, il y en aurait au minimum 80, nous révèle le site Internet Insecam. Quatre-vingt caméras de surveillance – la plupart appartiennent à des entreprises privées ou particuliers – dont les images seraient consultables librement sur Internet. La cause ? Ces appareils ne sont pas protégés, ou alors par un mot de passe attribué par le constructeur en usine – le plus souvent « 1234 » ou « 0000 ». Résultat, des dizaines de milliers d’images de salles d’attente, de jardins, de centres de lavage auto ou même de chambre d’enfants, objectif braqué sur un landeau, se retrouvent sur la toile.

En tête des plus gros fournisseurs d’images de surveillance non protégées, Insecam place les États-Unis où plus de 10 000 fuites ont été recensées. Plus surprenant, la Grande-Bretagne, pays qui connaît la plus grande densité de caméras (un appareil pour 11 habitants), a réussi à ne se faire détourner que 2374 appareils. Les caméras françaises (beaucoup moins nombreuses qu’outre Manche) représentent quant à elles 3285 fuites. A croire que les Britanniques sont mieux sensibilisés à l’utilisation de mots de passe performants que les Français.

Vidéosurveillance et vidéoprotection

Il est important de bien distinguer vidéosurveillance (privée) et vidéoprotection (publique). Ce que le site Internet Insecam a voulu démontrer, c’est qu’il est très important de faire attention aux paramètres de sécurité d’une caméra grand public fraîchement achetée. Une problématique dont – heureusement – les communes françaises ne devraient pas avoir à se soucier. Dans cette catégorie justement, la France est en train de rattraper son retard par rapport à la Grande-Bretagne. A l’origine éditée par le site d’information OWNI, une carte établissant le palmarès des villes les plus surveillées en 2011 a récemment été mise à jour par le Club Prévention-Sécurité. Il en ressort que depuis 2011, la majorité des villes ont continué d’investir dans la vidéoprotection, parfois massivement. De 23 appareils en 2011, Marseille est passée à 257 en 2013, Paris de 293 à 1105. Lyon, même si elle n’a que très peu augmenté son nombre de caméras (+24 appareils en 3 ans), reste la 15e ville la plus surveillées de France.

Infographie par le Club Prévention-Sécurité. Données de 2013.
Infographie par le Club Prévention-Sécurité. Données de 2013.

Un phénomène sur lequel s’est penché « Les Détrackeurs », un groupe d’étudiants du master Nouvelles pratiques journalistiques de l’Université Lyon 2. En établissant une carte interactive à partir du site participatif « sous surveillance.net » et de recherches dans les archives de la ville de Lyon, le groupe d’étudiants a pu élaborer un outil permettant de connaître son nombre de passages devant des caméras de surveillance au fil de ses trajets dans la ville lumière. Ces chiffres sont cependant à prendre avec précaution, “sous surveillance.net” étant est une initiative du collectif d’extrême-gauche lyonnais Rebellyon.

Vidéoprotection et vidéosurveillance se rejoignent pourtant parfois de façon maladroite. C’est un autre aspect de la situation que nous permet de voir Insecam. Sur le peu de caméras que nous avons consultées pour la rédaction de cet article, force nous a été de constater que plusieurs d’entre elles ne respectaient pas les dispositions relatives aux appareils de vidéosurveillance mises en place par la Cnil. Entre autres, l’interdiction pour un particulier de filmer la voie publique. Même si Insecam agit de manière totalement illégale, le site internet a au moins le mérite de soulever à nouveau la question de la bonne utilisation des dispositifs de surveillance de plus en plus nombreux dans le monde. En France, on dénombre 935 000 caméras, soit environ une caméra pour 70 personnes.

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