Les écoles londoniennes qui comptent beaucoup de migrants affichent de meilleurs résultats, révèle une étude

 Les résultats scolaires des élèves des écoles londoniennes sont meilleurs que ceux des écoles de n’importe quelle autre région du Royaume-Uni. Depuis des années, les spécialistes s’interrogent sur les causes de cet inexplicable « London Effect ». Simon Burgess, professeur d’économie à l’Université de Bristol, pense avoir élucidé le mystère. Pour lui, l’explication réside dans l’existence d’une proportion plus importante d’enfants de migrants sur les bancs des écoles de la capitale anglaise.

(photo flickr/ Lambrook School)
 (photo flickr/Lambrook School)

Les statistiques sont sans appel. En 2011, 63 % des élèves en provenance de milieux défavorisés, inscrits dans les lycées londoniens, ont poursuivi des études supérieures après l’obtention de leur « A-Level » (l’équivalent du baccalauréat français). La moyenne nationale, elle, plafonnait à 53 %.

Pourquoi un tel écart ? Depuis des années, des chercheurs de tous bords se penchent sur les causes de cet intriguant « London Effect ». Certains y voient l’impact tardif des politiques d’alphabétisation et de numératie, alors que d’autres, comme l’Institute for Fiscal Studies, attribuent cette différence à un gain qualitatif des programmes d’écoles primaires.

Des avis que Simon Burgess, professeur d’économie à l’Université de Bristol, rejette en bloc. Selon lui, le « London Effect » pourrait tout simplement trouver ses racines dans la « composition ethnique des salles de classe londoniennes ». Le chercheur a publié le mois dernier les résultats d’une étude intitulée « Understanding the success of London’s schools » (Comprendre la réussite des écoles londoniennes). Il s’y livre à une démonstration fascinante, basée principalement sur un modèle statistique de son invention qui prend en compte les résultats scolaires des enfants de migrants âgés de 11 à 16 ans inscrits dans les écoles londoniennes ces dix dernières années.

Et à en croire les données de Burgess, les bonnes performances des écoles de Londres seraient dues, en grande partie, aux bons résultats scolaires des enfants de migrants. Des résultats qui tireraient le niveau général vers le haut. Le « London Effect » serait donc le fruit d’une plus grande diversité ethnique de population, résultant elle-même de l’attractivité de la capitale anglaise pour les migrants d’Europe et du monde.

« Il n’y a rien d’intrinsèquement différent au niveau des performances scolaires des enfants de migrants », précise le chercheur. Ils nourriraient simplement « de plus grands espoirs et attentes envers le système éducatif », ce qui les amènerait à être « plus attentifs en classe et enclins à consacrer plus de temps à leurs devoirs » par rapport à leurs camarades Anglais, Gallois, Écossais ou Irlandais du Nord. Leurs parcours et leurs situations sociales particulières pousseraient ces élèves à se montrer plus ambitieux et à se donner les moyens de réussir.

A en croire, les chiffres du recensement de 2011, la mégalopole de Londres compterait actuellement un peu plus de 8,17 millions d’habitants, soit 15 % de la population totale d’Angleterre et du Pays de Galles réunis. Sur ce total, près de 3 millions de résidents londoniens seraient nés à l’étranger, soit plus de 36 % de la population de la ville.

Parmi ces migrants, beaucoup d’Indiens, de Polonais, mais aussi de Français. L’année dernière, un article de la BBC décernait à Londres le titre de sixième ville de France. Une appellation contestable et contestée. En effet, les estimations varient fortement selon les sources. A l’heure actuelle, 70 000 à 300 000 Français auraient choisi de s’installer au Royaume-Uni, dont une très grande majorité à Londres.

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