Un outil citoyen pour traquer les braconniers de la mer

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 Cette carte montre chaque gros navire de pêche et sa trajectoire entre 2012 et 2013.

Le Global Fishing Watch (Observatoire global de la pêche), un projet issu de la collaboration entre le groupe non lucratif de protection des océans Oceana et l’association de préservation de la planète SkyTruth, a récemment mis en ligne un ensemble de cartes interactives permettant d’observer la pêche commerciale dans les océans du globe en temps réel. Au total, le projet permet de suivre l’activité de 25 000 navires. L’objectif, espèrent les créateurs, serait que leur outil permettent d’identifier et d’intercepter les navires qui pratiquent une pêche illégale – dans des zones interdites à la pêche.

Selon le Global Fishing Watch, la surpêche est devenue un enjeu primordial et l’évolution technologique des bateaux de pêches – l’utilisation de sonar, de GPS etc. – menace directement certaines espèces de poissons vouées à disparaître. Au total, près de 29% des espèces seraient victimes de pêche excessive à travers le monde, a révélé cette année l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Un phénomène qui commence évidemment à se retourner contre les pêcheurs. Depuis 1996, les professionnels de la pêche font l’expérience du « travailler plus pour gagner moins ». Malgré les efforts toujours plus intenses déployés pour intensifier leur activité, les pêcheurs ramassent de moins en moins de poissons.

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Sur cette carte, les bateaux de pêche selon leur pays de rattachement. En bleu les bateaux espagnols, en vert les bateaux japonais, en rouge les bateaux coréens…

Les quotas de pêche mis en place par certains pays, à défaut d’avoir vraiment permis à des espèces de proliférer à nouveau, ont encouragé la contrebande ou la fraude. Un phénomène que le Global Fishing Watch veut tenter d’endiguer en se servant du système d’identification automatique dont chaque navire est tenu de disposer. En transmettant son identité, sa localisation et toutes les informations qui le concernent, l’outil permet de savoir quel navire pêche quoi. Seul bémol, les petits bateaux ne sont pour l’instant pas obligés d’être équipés d’un tel système. Une réglementation imposée par l’Organisation maritime internationale qu’Oceana essaye de forcer à évoluer.

Concrètement, le Global Fishing Watch souhaite que son outil serve aux gouvernements pour intercepter les braconniers de la mer, aux particuliers pour vérifier si leur poissonnier respecte la loi, aux poissonniers pour montrer qu’ils travaillent dans la légalité et aux médias pour enquêter sur les grands acteurs de la pêche. Oceana a voulu montrer ce qu’avait permis l’utilisation de cet outil à travers la surveillance d’un refuge pour saumon pendant un an. L’organisme a observé 5 navires russes y pénétrer dont un, le Komarovo, y effectuer des mouvements semblables à ceux effectués par un bateau pendant une session de pêche.

La traque du Komarovo durant l'année 2013 dans la réserve de Dzhugdzhursky.
La traque du Komarovo durant l’année 2013 dans la réserve de Dzhugdzhursky. (photo Oceana)

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