La Tanzanie veut expulser 40 000 Masaï de leurs terres ancestrales

 Le pays d’Afrique de l’Est se prépare à expulser 40 000 Masaï dans le but de créer une réserve de chasse de luxe. La Tanzanie revient ainsi sur sa promesse de l’année dernière de ne pas vendre les terres ancestrales des Masaï situées à proximité du parc national de Serengeti.

(photo flickr/lepimento)
(photo flickr/lepimento)

Le gouvernement tanzanien vient de notifier à 40 000 bergers masaï qu’ils ont jusqu’à la fin de l’année pour quitter la terre de leurs ancêtres, sans espoir de retour. La Tanzanie s’apprête en effet à transformer cette bande de terre de 1 500 km2, bordant le parc national de Serengeti, en un “corridor pour la vie sauvage”. Une appellation officielle gorgée de démagogie, soigneusement choisie pour faire passer la pilule : les terres seront en réalité mises à disposition d’Ortello Business Corporation – une compagnie privée basée aux Émirats arabes unis et réputée proche de la famille royale du Dubaï – qui prévoit d’y organiser des safaris de luxe ainsi que des parties de chasse.

En prenant cette décision, le gouvernement tanzanien est revenu sur la promesse qu’il avait faite au peuple masaï l’année dernière. Une campagne de mobilisation internationale de 18 mois en faveur de la préservation du territoire des Masaï avait forcé le pouvoir à faire machine arrière. En parallèle, une pétition intitulée “Save the Serengeti sell-off” avait recueilli plus de deux millions de signatures sur le site d’Avaaz.

La première tentative du gouvernement d’expulser les Masaï, en 2012, ne prévoyait aucune contrepartie pour les populations. Cette fois-ci, la Tanzanie a proposé d’offrir à la communauté masaï une compensation financière d’un milliard de shillings tanzaniens (soit environ 460 000 euros), sous forme d’aides publiques pour des projets de développement socio-économiques. Une offre que la communauté a instantanément décliné.

Aujourd’hui, la population masaï de Tanzanie représente un peu plus d’un million d’individus. La majorité de ce peuple nomade continue de tirer une grande partie de ses ressources alimentaires et financières de l’élevage de bétail dans un respect de la faune et de la flore locale.

Depuis des années, les gouvernements tanzanien et kenyan (pays qui abritent plus de 800 000 Masaï) mettent en place des programmes visant à encourager les membres des tribus à abandonner leur mode de vie semi-nomade traditionnel. Des initiatives qui n’ont rencontré que très peu de succès auprès d’un peuple qui demeure très attaché à ses racines et à ses valeurs.

Au total, ce sont près de 70 000 Masaï qui vivent actuellement dans la région du district de Loliondo, près de la réserve naturelle de Serengeti, dans le Nord du pays. La création du “corridor pour la vie sauvage” que prévoit le gouvernement tanzanien réduirait la superficie de leurs terres de près de 40 %.

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