La Suisse reconnaît la souffrance des poissons

(photo flickr/U.S. Department of Agriculture)
(photo d’illustration flickr/U.S. Department of Agriculture)

La Commission fédérale suisse d’éthique pour la biotechnologie dans le domaine non humain (CENH) estime que les poissons, au même titre que les autres animaux, peuvent souffrir. Dans un rapport rendu public lundi à Berne, elle explique qu’il n’y a « aucune bonne raison de conclure que les poissons seraient insensibles » à la douleur. Ce rapport, qui émane d’une longue réflexion et de recherches scientifiques menées par les membres de la commission, se veut malgré tout prudent. « Il n’y a pas de certitude absolue quant à la sensibilité des poissons », précise le document.

Cette conclusion est surprenante dans la mesure où le débat concernant la pêche s’est toujours limité à la question de l’utilisation durable des poissons. La considération de chaque poisson attrapé individuellement et la question d’obligations éthiques envers les poissons représentent une première. Ce rapport recommande donc aux pêcheurs, éleveurs et chercheurs d’« utiliser les poissons avec attention et respect », ces animaux devant « faire l’objet d’un respect moral indépendant de leur utilité pour l’être humain ».

Jusqu’en 1980, il était communément admis que les poissons se comportaient comme des machines et ne réagissaient à leur environnement que par réflexe. Même si cette notion est actuellement remise en question par la CENH, la douleur ressentie par les poissons reste une conception très controversée. Des chercheurs de l’Université d’Edimbourg ont par exemple montré en 2003, en enduisant d’acide les lèvres de truites, que celles-ci avaient un comportement différent prouvant leur sensibilité à la douleur. Une théorie réfutée en 2012 par une équipe du Wyoming selon laquelle les réactions des truites relevaient de la nociception (des réflexes, ndlr) pour la simple et bonne raison que les poissons ne disposent pas de structure nerveuse adéquate.

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