Deux revues scientifiques ont publié une étude signée par Maggie Simpson et Edna Krapabelle

 Une étude intitulée « Confuses, les configurations homogènes », signée par Maggie Simpson, Edna Krapabelle et Kim Jong Fun a été publiée par deux revues scientifiques américaines. Au delà de son aspect insolite, cette information remet une nouvelle fois en cause le sérieux de certains journaux spécialisés.

(Tous droits réservés 20th Century Fox)
 Edna Krapabelle, dans la série Les Simpsons. (Tous droits réservés 20th Century Fox)

Tout est faux. Du nom de ses auteurs jusqu’à son titre dénué de sens en passant par son contenu incompréhensible, cette étude est une énorme blague. Pourtant publiée par deux revues scientifiques aux noms très sérieux, le Journal of Computational Intelligence and Electronic Systems et l’Aperito Journal of NanoScience Technology. Rédigée par Alex Smolyanitsky, un ingénieur américain, la fausse recherche a pour objectif de dénoncer les « revues prédatrices », ces journaux soi-disant scientifiques dont l’unique raison d’être est de faire de l’argent.

Pour y parvenir, ces revues spamment les boites e-mails des scientifiques, flattant leur égo, afin qu’ils soumettent à publication une de leurs recherches. Sans être ouverts et encore moins lus par un être humain, les articles proposés sont ensuite acceptés automatiquement au bout de quelques jours puis publiés. Jusqu’à la réception par l’auteur de la facture. Entre 400 et 500 dollars en moyenne. Après publication, évidemment, pour qu’aucun recours ne soit possible.

Le principal problème, explique la communauté scientifique, réside dans le fait que les publications proposées par les scientifiques ne sont absolument pas jugées par leurs pairs, comme c’est la règle dans la majorité des revues sérieuses. Dans le cas de « l’étude Simpson », Smolyanitsky a fait appel à SCIgen, un générateur de texte aléatoire, pour rédiger sa recherche. Des dizaines de pages constituées de phrases du type « Nous avons enlevé une cassette de 8 pétabytes de notre cluster peer-to-peer pour prouver l’influence « floue » des symétries sur les travaux du scientifique japonais Karthik Lakshminarayanan ».

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Habituellement, être publié par un journal scientifique constitue une réussite importante dans la vie d’un chercheur – et sur son CV –, mais les revues prédatrices sont en train d’enlever toute leur valeur aux travaux publiés. La communauté craint surtout que le public perde confiance en la science et que des « chercheurs » malhonnêtes arrivent à donner de l’écho à leurs théories. Un risque réel au regard de la quantité de recherches scientifiques relayées par les médias généralistes. Très souvent en provenance de revues spécialisées américaines.

Ce n’est pas la première fois que les revues prédatrices se font épingler aux États-Unis. Récemment, un journal a accepté de publier un article intitulé « Get me off your fucking Mailing List » (supprimez-moi de votre put*in de liste d’envoi, en français), soumis par deux ingénieurs en informatique excédés. Il existerait 550 revues de ce type aux États-Unis et de nouvelles seraient créées chaque mois. Une triste nouvelle pour la science.

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