L’île capitale des Maldives est privée d’eau potable depuis bientôt une semaine

 L’incendie d’une usine de désalinisation jeudi dernier à Malé, la capitale de l’archipel des Maldives, a privé l’île d’eau potable. Les difficultés du gouvernement à gérer la crise ravivent les critiques de la population.

Malé, la capitale des Maldives. (photo flickr/Timo Newton-Syms)
 Malé, la capitale des Maldives. (photo flickr/Timo Newton-Syms)

Malé, la capitale la plus dense au monde – 18 000 habitants au km2 – est privée d’eau potable depuis le 4 décembre, date à laquelle les principales structures de désalinisation de l’île sont parties en fumée. L’incident, impactant 100 000 personnes sur les 120 000 que compte la capitale, a forcé le gouvernement à décréter l’état d’urgence. L’appel à l’aide internationale lancé par les autorités au lendemain de l’incendie a permis de faire venir de l’eau potable de Chine, d’Inde et du Sri Lanka mais le stress engendré par la pénurie a exacerbé des tensions déjà vives dans l’archipel.

L’accès à l’eau est une problématique majeure aux Maldives. La pollution, la surexploitation des nappes phréatiques et la montée des eaux salées ont rendu les quelques poches d’eau souterraines de l’archipel peu à peu impropres à la consommation. Certaines des 199 îles maldiviennes sont d’ailleurs obligées d’importer de l’eau en bouteille. Selon des habitants interviewés par le site The Observers, même l’eau de la seule usine qui a pu être réparée depuis l’incendie n’est pas forcement bonne à consommer. L’absence totale de système de collecte d’eau de pluie est aussi vivement critiquée.

Sur Twitter, des Maldiviens s’échangent des astuces pour collecter et filtrer de l’eau.

Outre la problématique de l’eau, l’archipel est aux prises avec diverses difficultés. Le gouvernement des Maldives est par exemple régulièrement épinglé pour sa gestion catastrophique des déchets. Par ailleurs, l’archipel d’Asie du Sud, victime directe du réchauffement climatique, voit sa superficie diminuer d’année en année au fur et à mesure que le niveau de l’eau monte, poussant certains chercheurs à affirmer qu’il sera englouti d’ici 50 ans. Enfin, – et à plus court terme – la montée de l’islamisme extrémiste et l’opposition grandissante au gouvernement divisent de plus en plus l’archipel paradisiaque.

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