Pas de réfugié au Grand Budapest Hotel, a décidé son propriétaire

(photo Twentieth Century Fox France)
(photo Twentieth Century Fox France)

Le gigantesque centre commercial abandonné de la petite ville de Görlitz, dans l’est de l’Allemagne, a refusé d’ouvrir ses portes à l’association d’aide aux réfugiés Willkommensbündnis qui souhaitait y organiser un concert de Noël afin de financer des places d’hébergements aux 250 réfugiés – principalement originaires de Libye et de Syrie – que la municipalité a promis d’héberger au cours des prochains mois.

Winfried Stöcker, le propriétaire du bâtiment de style Art déco qui a servi au tournage du film Grand Budapest Hotel, a déclaré : « Si j’avais accepté la tenue d’une cérémonie de bienvenue dans notre centre commercial, on aurait pensé de moi que je suis satisfait de la politique d’immigration actuelle, alors qu’en fait c’est le contraire ».

L’homme d’affaires allemand, qui a fait fortune grâce à son groupe pharmaceutique Euroimmun, ne s’en est pas tenu là. Il a ajouté auprès du journal local Sächsische Zeitung que, s’il le pouvait, il « renverrait immédiatement chez eux les Africains qui arrivent chez nous par la Méditerranée sans y être invités ».

Dernière preuve (s’il en fallait une) que le scandale médiatique qu’a provoqué cette affaire outre-Rhin n’est pas à mettre sur le compte d’une mauvaise interprétation de ses propos, Winfried Stöcker a aussi expliqué que, malgré le fait qu’il embauche des Turcs, il préfèrerait que ces derniers retournent dans leur pays d’origine. Des déclarations qui lui ont immédiatement attiré le soutien du NDP, le parti néonazi allemand, ainsi que des réactions d’indignation chez l’évêché et les associations de Görlitz.

Les excuses – tardives – de l’homme d’affaires, ponctuées de justifications du type « je ne suis pas raciste, ma femme est chinoise et j’ai des collègues de toutes les nationalités », ont forcé l’association d’aide aux réfugiés à organiser le concert de soutien au milieu du marché de Noël de Görlitz. La réputation de l’homme, que beaucoup considéraient comme le sauveur de l’un des plus beaux bâtiments d’Allemagne, a elle aussi pâti de cette affaire. L’Université de Luebeck, dans laquelle il est professeur honoraire, s’est désolidarisée de lui, expliquant que l’institution prônait « l’ouverture d’esprit, la tolérance et le multiculturalisme ».

L’immigration est un sujet très délicat en Allemagne, principalement parce qu’elle est le premier pays d’accueil des demandeurs d’asile en Europe. 94 000 demandes d’asile y ont été déposées au premier trimestre 2014, soit trois fois plus qu’en France pour la même période.

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