La police de New York ferme les yeux sur la petite délinquance pour protester contre le maire

(photo flickr/zokuga)
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D’après les dernières statistiques de la police new yorkaise, la population de la grosse pomme s’est soudainement assagie en fin d’année. Aucun cas de consommation d’alcool sur la voie publique, de mauvais stationnement ou de fêtard ne s’étant soulagé dans la rue n’aurait ponctué le nouvel an à New York. Pareil en ce qui concerne la semaine précédent la fin d’année. La métropole aurait-elle connu une prise de conscience soudaine ?

Visiblement, loin de refléter la réalité, ce gros zéro statistique représenterait un acte de protestation des policiers new yorkais à l’encontre du maire Bill de Blasio. Ils l’accusent de ne pas les avoir assez soutenus durant les manifestations américaines anti police qui ont fait suite au décès de Mike Brown à Ferguson et Eric Garner à New York, deux noirs tués par des policiers.

Si les dirigeants syndicaux ont nié, jusqu’à peu, qu’une telle mutinerie avait lieu, il semble désormais évident que la police de New York se soit massée dans un acte d’insubordination en fermant les yeux sur les infractions de faible niveau. Alors que les statistiques sont anormalement faibles depuis deux semaines, il a fallu attendre vendredi pour que le commissaire William Bratton avoue que ses troupes connaissaient un problème de discipline, le justifiant cependant par le stress qu’ont engendré les récentes manifestations anti police à travers le pays.

En plus de fausser les statistiques, cette situation a des conséquences à plusieurs niveaux dans la métropole. Le téléphone reste silencieux dans les cabinets d’avocats spécialisés en infractions routières, rapporte The Independent, et les tribunaux spécialisés en délits mineurs sont obligés de fermer plus tôt par manque d’audiences. Même Rikers Island, la célèbre prison où avait été détenu DSK, commence à subir les conséquences de la protestation des policiers : 2000 détenus de moins qu’habituellement y sont emprisonnés.

Surtout, la situation fait perdre du crédit à la « théorie de la vitre brisée », un concept criminologique selon lequel anéantir la petite délinquance est la clé pour limiter la criminalité de plus haute envergure. Appliquée dans la majorité des sociétés, elle trouve généralement ses adeptes dans les partisans de la tolérance zéro. Seulement, depuis deux semaines que la petite délinquance n’est presque plus réprimandée à New York, les chiffres de la criminalité aggravée ont, eux aussi, drastiquement baissé : 3704 infractions sévères contre 4130 l’année dernière ont été enregistrées durant les 15 jours.

La preuve, pour certains, qu’il y a régulièrement des arrestations inutiles. Mais selon le commissaire William Bratton, partisan de la « théorie de la vitre brisée », il pourrait falloir plusieurs semaines pour que l’impact négatif de la situation se fasse réellement ressentir.

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