Les Japonais cherchent l’amour de leur vie au sein de leur armée

 On ne peut rêver meilleure réussite pour une opération de relation publique. Le ministère de la Défense japonais, qui souhaitait améliorer la réputation des membres de son armée, est à l’origine d’un engouement sans précédent autour de ses soldats.

Un recruteur des Forces japonaises d'autodéfense à Osaka. (Flickr/Roy Berman)
 Un recruteur des Forces japonaises d’autodéfense à Osaka. (Flickr/Roy Berman)

Plus de 15 000 exemplaires de « Kokubo Joshi » (Femmes de la défense) et « Kokubo Danshi » (Hommes de la défense), des magazines japonais présentant des photographies de militaires dans des tenues décontractées ou en service, se sont écoulés à leur sortie. En parallèle, le mot « J-Kon », une contraction des termes japonais « forces d’autodéfense » et « mariage », évoquant l’idéal que représente les membres des forces armées japonaises, a failli être élu mot de l’année dans l’archipel.

La raison ? Une campagne de 2010, lancée par le ministère des Relations publiques, sous forme de fascicules présentant des soldats célibataires a eu un succès inespéré. Un phénomène dont s’est emparé Now-E, une agence matrimoniale qui a commencé dès 2013 à organiser des rencontres entre membres des Forces japonaises d’autodéfenses (l’armée japonaise, ndlr) et des civils. « Nos clients sont attirés par la stabilité de l’emploi, la fiabilité des soldats et l’uniforme », explique une membre de la société.

Pourtant, la mission donnée au ministère des Relations publiques était loin d’être facile. Si la réputation des FJA s’est améliorée au fil des années – grâce à une augmentation de leur présence lors de catastrophes naturelles pour aider la population –, les forces armées japonaises n’étaient que très moyennement appréciées à la fin de la guerre froide. En 1969, lors de la première édition d’un sondage de popularité sur les FJA, seulement 70% de la population avaient exprimé avoir une opinion favorable sur son armée. Un chiffre qui atteint 91,7% en 2013 et qui a augmenté de 10 points en quatre ans.

Les missions remplies par les FJA ne sont pas seules responsables de cette nouvelle réputation. Selon un membre du bureau de recrutement interviewé par le journaliste Haruka Takashige, beaucoup de jeunes s’engagent après avoir regardé « Soratobu Kohoshitsu », une série télévisée dramatique racontant le quotidien de nouvelles recrues. La stratégie de l’armée sur les réseaux sociaux jouerait aussi pour beaucoup. « En exposant les pensées honnêtes de membres des FJA dans les médias, nous avons essayé de faire comprendre au public que les soldats sont comme tout le monde », explique un ancien directeur de l’Agence de défense japonaise.

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