Le Sheroes Cafe, où les Indiennes défigurées à l’acide n’ont pas besoin de se cacher

Les volontaires du Sheroes Cafe, à Agra, au nord de l'Inde. (photo Stop Acid Attacks)
 Les volontaires du Sheroes Cafe, à Agra, au nord de l’Inde. (photo Stop Acid Attacks)

Geeta dormait avec ses deux filles quand son mari, ivre, leur a jeté un bac rempli d’acide pour se venger du fait qu’elle ne lui avait pas donné de fils. La plus jeune est morte sur le coup. Geeta a survécu mais a gardé de lourdes séquelles. Elle est défigurée et presque aveugle. Son mari, lui, n’a passé que deux mois en prison et quand il a été libéré, raconte-t-elle à la Kantor Berita Radio, elle n’avait pas d’autre choix que de retourner avec lui.

« Personne ne nous aidait, les gens se moquaient de nous. Nous étions le sujet de blagues. C’est pour ça que j’ai rejoint les personnes d’ici, pour commencer une nouvelle vie ». Ici, c’est le Sheroes Cafe, où Geeta est désormais responsable de la cuisine. Lancé par des femmes victimes d’attaques à l’acide, le café situé à Agra, une ville du nord de l’Inde surtout connue pour le Taj Mahal, se veut un refuge où les femmes détruites par les violences conjugales peuvent se reconstruire petit à petit.

Au rez-de-chaussée, raconte la journaliste, des tables où les visiteurs peuvent prendre un café. A l’étage, des robes conçues par Rupa, une des volontaires, qui va lancer sa boutique depuis le café. Et puis, dans le fond, une bibliothèque remplie de livres sur le féminisme et l’émancipation de la femme. L’objectif est que le café attire le plus rapidement possible des touristes et devienne un lieu de rencontre pour la jeunesse d’Agra.

(photo Stop Acid Attacks)
(photo Stop Acid Attacks)

« L’idée est de faire en sorte qu’elles deviennent financièrement indépendantes », raconte Alok Dixit, un ancien journaliste à l’origine avec d’autres de la campagne Stop Acid Attacks qui a permis aux jeunes femmes de récolter 25 000 dollars pour réhabiliter l’endroit. Parallèlement au Sheroes Cafe, les « survivantes », comme les appelle Alok Dixit, militent pour que les attaques à l’acide cessent.

« Le problème, c’est la culture, pas la religion. Il y a beaucoup de musulmans qui jettent de l’acide, il y a beaucoup d’hindous qui jettent de l’acide. Parce que culturellement, ils ne traitent pas la femme comme des êtres humains. Elles sont la propriété de quelqu’un. Et quand cet objet refuse d’obéir, ils se sentent obligé de lui donner une leçon. C’est la triste réalité de notre société, mais ça peut changer », explique Alok Dixit à la Kantor Berita Radio.

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2 commentaires

  1. c.i.a. 4 années ago

    Ont se croiraient au moyen-âges, avec son sadisme et ses sanguinaires qui exigeant son lot de martyrs
    Et nous sommes en 2015!!!, quelle banbes d’ ordures dégénérers!!!

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  2. cmnt 5 années ago

    Bon article et très intéressant.
    dernier paragraphe : “ils ne traitent…” et pas “ils ne traient…”

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