Google avoue avoir fourni au FBI les données de 3 membres de Wikileaks… 3 ans plus tard

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Le géant Google aura mis près de 33 mois pour révéler à Wikileaks qu’il a fourni au FBI, sur la demande d’un juge fédéral, des informations sur Sarah Harrison, journaliste britannique qui a aidé Edward Snowden à obtenir l’asile suite à ses révélations sur la NSA, Kristinn Hrafnsson, porte parole de Wikileaks, et Joseph Farrell, un de ses rédacteurs en chef.

Tous les messages électroniques – ceux envoyés, reçus, supprimés et les brouillons – des trois employés, leur adresse IP, adresse physique, numéro de téléphone, leurs adresses e-mails secondaires ainsi que leur numéro de carte de crédit et le compte bancaire associé au compte Google devaient être fourni aux autorités américaines. Même la longueur des messages et le temps passé en ligne par les employés ont été réclamés.

Une liste de requêtes jugée scandaleusement longue par Wikileaks. Son avocat, Michael Ratner, n’a d’ailleurs pas encore réussi à déterminer avec exactitude quelles demandes ont abouti. Dans sa lettre au PDG de Google Eric Schmidt, Wikileaks proteste notamment contre le temps qu’a mis le moteur de recherche pour informer le site lanceur d’alertes. Un délai qui pourrait rendre délicat pour les plaignants de faire valoir leur droit à la protection de la vie privée, leur droit d’association et se défendre d’une perquisition qu’ils estiment illégale.

Google a expliqué que des ordonnances de non divulgation les avaient empêché de révéler plus tôt à leurs utilisateurs qu’ils avaient fait l’objet d’une telle demande. Une omertà qui avait finalement été levée, a expliqué Google, mais sans préciser quand.

Le géant du web n’a pas précisé dans quelles mesures il avait répondu aux demandes du gouvernement américain mais a expliqué qu’il avait agit conformément à la loi sur les conversations électroniques. « Lorsque nous recevons une assignation, nous vérifions qu’elle est conforme à la loi avant d’y répondre. Si ce n’est pas le cas, nous pouvons nous y opposer », a déclaré un porte parole de Google au Guardian.

Il semblerait que la demande de renseignements en question faisait partie de l’enquête menée conjointement par le département de la justice des États-Unis et le ministère de la Défense après la publication en 2010 par Wikileaks de centaines de milliers de câbles diplomatiques divulgués par le soldat américain Bradley Manning. Ces documents, triés et analysés par les plus grands médias internationaux, avaient notamment permis de révéler le décès de civils – dont deux photographes de l’agence Reuters –, mitraillés par un hélicoptère de guerre américain.

Depuis quelques temps, la plupart des grandes entreprises de haute technologie publient des rapports de transparence pour informer leurs utilisateurs du nombre de demandes de renseignements qu’elles ont reçues. Si Twitter est réputé pour être parmi les plus réfractaires à céder aux ordonnances judiciaires, de plus en plus d’entreprises se plient aux exigences gouvernementales. Durant les six premiers mois de 2014, Google a reçu près de 32 000 demandes de renseignements dont 12 500 des États-Unis. En mars dernier, nous consacrions un article au fait que la France était le deuxième plus gros demandeur d’informations sur des utilisateurs Google en 2013. Elle a depuis été dépassée par l’Allemagne.

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