La Biélorussie, alliée historique de la Russie, craint de subir le même sort que l’Ukraine

Les forces biélorusses en démonstration à l'occasion de la journée nationale de l'armée. (photo flickr/radiosvaboda)
 Les forces biélorusses en démonstration à l’occasion de la journée nationale de l’armée. (photo flickr/radiosvaboda)

Au fur et à mesure qu’il tente d’améliorer les relations entre son pays et l’Occident, le président biélorusse Alexandre Loukachenko observe ses liens avec la Russie se détériorer. A un tel point que, malgré ses tentatives répétées de faire comprendre à Poutine que tisser des relations commerciales avec les États-Unis et l’Europe ne faisait pas de son pays « un traitre », Loukachenko craint aujourd’hui de voir la Biélorussie subir le même sort que l’Ukraine. Un risque d’autant plus élevé que l’ancienne république soviétique est dans un des pires contextes géopolitiques du moment, coincée entre la Russie, l’Ukraine et l’Europe.

La Biélorussie a donc adopté, ces derniers jours, une loi selon laquelle la présence de forces armées étrangères dans le pays sera considérée comme un acte d’agression, même si celles-ci ne peuvent pas être identifiées comme des troupes régulières et indépendamment du fait que leur présence soit accompagnée d’une déclaration de guerre. Un texte qui entrera en vigueur au 1er février et qui notifie clairement à Moscou que Non, la Biélorussie ne sera pas la prochaine Crimée.

Alexandre Loukashenko (à droite) en compagnie de Ricardo Patiño (à gauche), ministre des Affaires étrangères équatorien. (photo flickr/
Alexandre Loukashenko (à droite) en compagnie de Ricardo Patiño (à gauche), ministre des Affaires étrangères équatorien. (photo flickr/dgcomsoc)

Preuve qu’il est de plus en plus difficile pour Loukachenko de jouer sur les deux tableaux : lui qui, il y a quelques mois, déclarait que malgré le rapprochement de la Biélorussie avec l’Ouest, l’Occident ne « remplacerait » jamais la Russie aux yeux de son pays, semble désormais s’éloigner chaque jour davantage de Poutine. Le président biélorusse a, de nombreuses fois, exprimé son désaccord avec les décisions de Poutine concernant l’Ukraine. Pire encore, il avait déclaré, après que la Russie a envoyé ses troupes en Crimée au printemps dernier, que les forces ukrainiennes « se planquaient comme des souris apeurées au fond de leur trou » et que, s’il s’agissait de lui, « il serait le premier à aller en guerre ».

Dernière décision forte du président biélorusse : après avoir favorisé l’apprentissage du russe pendant des années dans les écoles, en dépit des critiques de l’opposition, Loukachenko a déclaré mettre en place des mesures pour rétablir l’enseignement du biélorusse dans les classes du pays.

Recommandé pour vous

0 commentaires