Les riches propriétaires étrangers responsables de quartiers fantômes à Londres

 La capitale britannique héberge un nombre toujours plus important de riches propriétaires étrangers. Une grande partie n’habite pas leur domicile londoniens à l’année. S’en suit une véritable désertification, touchant particulièrement certains quartiers historiques dont Kensington et Chelsea, qui rend très difficile la survie des commerces locaux et entraine un cercle vicieux de flambée des prix.

(photo flickr/arslan)
(photo flickr/arslan)

Il y aurait 700 000 logements inhabités sur le long terme au Royaume-Uni dont 22 000 à Londres. C’est ce que révèle un article du Guardian paru fin janvier. Pourtant, si le prix de l’immobilier, souvent rédhibitoire, y est bien sûr pour quelque chose, l’article met en exergue le rôle des riches propriétaires étrangers qui “achètent des propriétés pour ne jamais y habiter et les laisser dépérir”.

Deux pourcents des immeubles d’habitation de certains quartiers, comme Chelsea ou encore Kensignton, seraient concernés. Dans ce zones, près de 20 % des achats de bien immobiliers ces quatre dernières années auraient été réalisés par des étrangers (le chiffre monte à 75 % pour les biens neufs). C’est trois fois plus que la moyenne londonienne qui stagne à 7 %.

Résultat, comme le montre ces statistiques de la Empty Homes Agency, en date de l’année dernière, le nombre de logements vacants dans ces quartiers a augmenté de 40 % chaque année depuis 2010. Il faut ajouter à cela les nombreux logements achetés uniquement dans un but spéculatif ainsi que les pied-à-terre habités seulement quelques jours par mois, non comptabilisés comme vacants.

En janvier de l’année dernière, le Guardian toujours avait même estimé qu’il y aurait sur la Bishop Avenue – l’une des artères les plus prisées du Nord de Londres et la deuxième avenue la plus chère d’Angleterre – un ensemble de propriétés d’une valeur cumulée de près de 464 millions d’euros plus ou moins laissées à l’abandon.

Les conséquences sur l’économie locale sont, elles, dramatiques. Restaurateurs et petits commerces peinent à survivre avec à une clientèle se faisant de plus en plus rare. Le réputé restaurant français Racine, cité en exemple dans l’article du Guardian, n’en est que la dernière victime en date.

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A l’heure où la ville de Londres dans son ensemble vient pourtant paradoxalement d’enregistrer un pic de population historique avec 8,6 millions d’habitants (égalant son seuil record de 1939), certains beaux-quartiers n’ont jamais été aussi dépeuplés. Si elle veut véritablement mériter le titre de “meilleure grande ville du monde”, que lui a dernièrement attribué le maire de la ville Boris Johnson, celle qui peut déjà se vanter d’être la plus grande ville d’Europe de par sa superficie va devoir trouver un moyen de lutter contre ce fléau de l’absentéisme qui ravage ses artères historiques.

A Camden, dans le Nord de Londres, des mesures avaient déjà été prises dès 2012. Ainsi, les logements laissés vacants pendant au moins deux ans, ainsi que ceux déclarés comme résidences secondaires, ont vu leur taxe d’habitation être augmentée de 50 %. La mesure a, semble-t-il, porté ses fruits. En l’espace de seulement deux ans, le nombre de ce type de logements aurait déjà diminué de près de 40 %.

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