Un jeu vidéo attise les tensions entre pro et anti-corrida


 La vidéo de présentation du jeu Toro, dont les commentaires et les avis sur YouTube ont été bloqués par le développeur.

Dans la peau d’un torero, « tu devras affronter les taureaux les plus forts sur les places les plus connues du monde, et tu pourras devenir le meilleur torero de toute l’Histoire ». Toro, un nouveau jeu vidéo créé par la société espagnole Reco Technology, divise les pro et les anti-corridas non pas dans l’arène, mais devant leur console.

Le jeu doit sortir en avril ou mai 2015 sur X-Box One (Microsoft), mais aussi sur PC et sur la PS4. Mais des défenseurs de la cause animale, anti tauromachie, espèrent bien empêcher la diffusion de Toro. Plus de 60 000 personnes ont d’ores et déjà signé une pétition sur Change.org pour dénoncer ce jeu vidéo qui, selon eux, « promeut la maltraitance animale. » Ils soulèvent la baisse de régime des corridas dans le monde : « les mentalités sont en train de changer, pour faire place à plus d’éthique, et à des valeurs plus saines pour nos enfants ». C’est pour cette raison qu’ils demandent directement à Microsoft, qui est « censée être une entreprise socialement responsable », de ne pas sortir Toro.

Mais le géant de l’informatique, tout comme Reco Technology, ne compte pas céder aux pressions de ces signataires. « Toro est un jeu qui se veut divertissant, qui ne promeut pas la maltraitance animale, mais qui cherche seulement à amuser ceux qui choisiront librement de l’acheter. », ont expliqué les responsables de l’éditeur espagnol. Ils précisent même que le joueur aura la possibilité de se mettre également dans la peau du taureau, et de faire du torero son adversaire.

Outre la liberté des joueurs, les deux entreprises ont également mis en avant celle des développeurs. Comme les producteurs de cinéma ou de télévision, ceux-ci doivent pouvoir bénéficier d’une liberté artistique, défendent-ils.

La corrida reste un sujet sensible en Espagne. Pratiquée de manière traditionnelle dans de nombreuses villes du pays, elle a peu à peu été interdite dans certaines autonomies espagnoles. Depuis 2012, même la Catalogne, avec en tête Barcelone, n’a plus le droit d’organiser des tauromachies. IRL, OK, mais bientôt même en ligne ?

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