Pour les sénateurs italiens, qualifier une ministre noire d’« orang-outan » n’est pas raciste

Cécile Kyenge, ministre de l'Intégration italienne de 2013 à 2014. (flickr/palazzochigi)
 Cécile Kyenge, ministre de l’Intégration italienne de 2013 à 2014. (flickr/palazzochigi)

L’affaire remonte à juillet 2013, quand Roberto Calderoli, vice-président du Sénat italien, déclare à propos de Cécile Kyenge, alors ministre de l’Intégration : « Quand je vois Kyenge, je ne peux pas m’empêcher de penser à un orang-outan ». Calderoli, membre du parti d’extrême droite Ligue du Nord, refuse de démissionner comme le réclame le premier ministre de l’époque. Il se contente de s’excuser auprès de Cécile Kyenge et de lui envoyer des fleurs.

Sa défense « je ne suis pas raciste » reçoit désormais le soutien des sénateurs qui ont statué que la qualification d’une personne d’ « orang-outan » ne relevait pas de l’incitation à la haine raciale puisque ces propos ont été prononcés en plein exercice de l’activité parlementaire de Calderoli, rapportait en fin de semaine dernière le quotidien italien La Repubblica. Une posture adoptée aussi par les députés du Parti Démocrate – le parti de l’ancienne ministre Cécile Kyenge – avec comme seul parti s’opposant à ce discours le Mouvement Cinq Étoiles, parti citoyen.

Kyenge, qui a été évincée du gouvernement quand Matteo Renzi est devenu premier ministre il y a un an, s’est dite attristée de cette décision. Elle qui avait pardonné Calderoli a déclaré être inquiète des conséquences de la décision du Sénat. « Si une personne qui représente les institutions peut insulter n’importe qui, je me demande : qui protège les faibles dans ce pays ? Cette décision constitue un précédent très dangereux ».

Quand elle était ministre, Cécile Kyenge a été la cible de nombreuses attaques racistes. Entre autres, un des dirigeants du parti Ligue du Nord a déclaré lors de sa nomination : « La ministre Kyenge doit rester chez elle, au Congo. C’est une étrangère dans ma maison. Qui a dit qu’elle était italienne ? ». Une autre élue du parti avait, quelques temps plus tard, appelé au viol contre la ministre pour qu’elle comprenne le sentiment des victimes de crimes commis par les immigrants.

Recommandé pour vous

0 commentaires