Construction d’un lieu de culte dédié aux dieux nordiques en Islande

 La construction d’un temple surplombant Reykjavik, la capitale islandaise, représente une victoire à haute portée symbolique pour l’Asatruarfelagid (aussi connue sous le nom d’association Asatru d’Islande), une organisation religieuse, fondée en 1972, dont les membres pratiquent une version moderne du culte des dieux nordiques.

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 Mjölnir, le marteau de Thor est l’un des artefact l’un plus important du néopaganisme nordique.
(photo Flickr/Martin Sandberg)

Ce sera le premier temple de ce genre à être érigé depuis la fin de l’âge viking. Les travaux devraient commencer ce mois-ci sur le flanc d’une colline dominant Reykjavík. Le temple, de forme circulaire, sera enfoui à près de quatre mètres sous terre et surplombé d’un dôme en verre “afin de laisser filtrer la lumière du soleil”, comme l’explique cet article du Guardian paru la semaine dernière.

Ainsi, les quelque 2 400 Islandais – sur une population totale de 330 000 personnes – qui vénèrent encore ouvertement Thor, Odin ou Frigg vont pouvoir y célébrer librement leurs rites maritaux et funéraires. Les enfants pourront, quant à eux, y recevoir un nom viking avant d’être initiés à la mythologie nordique.

Si les adeptes de ce néopaganisme nordique continuent de pratiquer des rituels sacrificiels anciens, comme au temps des Vikings, ils épargnent désormais la vie des animaux. De même, les sagas mettant en scène les dieux nordiques y sont présentées comme étant “des métaphores poétiques illustrant les forces de la nature à l’œuvre et la psychologie humaine”, à en croire les déclarations d’Hilmar Örn Hilmarsson, grand prêtre de l’Asatruarfelagid.

Si le culte des dieux nordiques a progressivement pris fin sur l’île aux alentours de l’an 1000 (le christianisme devint religion d’État en 999 à la suite d’un vote), certains Islandais sont toujours restés nostalgiques des cultes de l’ancien temps. Cela se ressent notamment dans les traditions populaires, voire au moment des fêtes chrétiennes comme Noël, qui restent empreintes de fantastique.

Le pays, aujourd’hui majoritairement protestant (luthérien), compte également près de 45 autres communautés religieuses actives, dont des catholiques, des pentecôtistes, des jéhovistes et des mormons, mais aussi des juifs et des musulmans. L’Asatruarfelagid, dont les dirigeants religieux sont basés à Reykjavík, a, pour sa part, vu le nombre de ses adhérents tripler au cours de la dernière décennie.

L’Islande est loin d’être le seul pays à accueillir des mouvements néopaganistes. Particulièrement répandus au sein des pays nordiques et anglo-saxons depuis les années 1970, ils font également de plus en plus d’adeptes en Europe orientale et aux États-Unis.

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