Une nouvelle souche du VIH, particulièrement agressive, découverte à Cuba

 Un malade testé positif au VIH dispose normalement de six à dix ans avant de développer le virus du SIDA. Une nouvelle souche extrêmement agressive récemment identifiée à Cuba, ainsi que dans certains pays d’Afrique, par une équipe de chercheurs, réduirait cette durée à seulement trois ans, augmentant les chances que le virus ne soit détecté trop tard.

La Havane, Cuba. (photo flickr/Alessandro Caproni)
 La Havane, Cuba. (photo flickr/Alessandro Caproni)

Le diagnostic ne se base pour le moment que sur 95 patients cubains de l’institut de Médecine Tropicale Pedro Kouri de la Havane. Pourtant, s’il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions définitives, les résultats de cette nouvelle étude, publiée dans la revue scientifique EBioMedicine, pourraient bien expliquer la progression fulgurante du virus du SIDA sur l’île caribéenne ces dernières années.

La nouvelle souche, qui combinerait le matériel biologique de trois virus différents, ce qui la rendrait particulièrement virulente, avait auparavant déjà été détectée dans certains pays d’Afrique. L’existence de cette charge virale plus importante expliquerait pourquoi le virus du SIDA se développerait plus rapidement chez les personnes infectées, comme l’indique cet article du Miami Herald.

A l’origine de cette découverte, une équipe de chercheurs de l’Université catholique de Louvain, en Belgique, ayant travaillé conjointement avec des membres de l’Institut de Médecine Tropicale Pedro Kouri de La Havane. Les conclusions de leur étude ne sont pas particulièrement réjouissantes dans la mesure où les chercheurs expliquent craindre que cette nouvelle souche du virus ne soit plus difficile à diagnostiquer, la rendant ainsi plus résistante à des thérapies à base d’anti rétroviraux initiées trop tardivement.

La capacité du VIH à muter n’a cependant rien de nouveau. Près d’une soixantaine de nouvelles souches de type 1 ont ainsi été identifiées par le passé. Cette fois-ci, ce qui inquiète les spécialistes, c’est bien le fait que près de 20 000 nouveaux cas d’infections au VIH ont été diagnostiqués entre 1986 et 2014 à Cuba. Les auteurs de l’étude reconnaissent néanmoins qu’il est possible que le développement rapide du virus du SIDA sur l’île ne soit attribuable à d’autres facteurs, à l’instar du faible taux d’utilisation du préservatif ou encore de l’existence d’autres maladies infectieuses parasites.

Le VIH se développe en virus du SIDA lorsque le taux de CD4 – c’est à dire la quantité spécifique de globules blancs immunitaires – tombe en dessous de 200 cellules par millilitres cube de sang ou bien lorsque le patient se trouve atteint d’une maladie qui ne devrait normalement pas toucher une personne ayant un système immunitaire efficace.

En 2013, le SIDA causait la mort d’1,5 million de personnes dans le monde. Une baisse de 12 % par rapport à l’année précédente. Depuis 1988, une Journée Mondiale de lutte contre le SIDA est organisée, à l’initiative des Nations Unies, le 1er décembre de chaque année.

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