Augmentation des prix du cacao, des barres chocolatées plus petites et plus chères

Dans certains pays, les Mars, Snickers et autres Cadbury ont d'ores-et-déjà commencé à se faire rétrécir. Pour le même prix, évidemment. (photo flickr/Bodo)
 Dans certains pays, les Mars, Snickers et autres Cadbury ont d’ores-et-déjà commencé à rétrécir. Pour le même prix, évidemment. (photo flickr/Bodo)

La période de la Saint Valentin est un moment propice pour parler de l’augmentation des prix du cacao, chaque année. L’alerte a été lancée mi-février 2012, 2013 et à nouveau en 2014. Et cette fois encore, les prix n’ont jamais été aussi élevés, et ce pour plusieurs raisons.

Principale cause : l’augmentation de la demande, notamment en Asie. La croissance fulgurante des nouvelles économies asiatiques amène les populations vers des produits autrefois peu ou pas consommés comme la viande, les produits laitiers et le chocolat.

Cours de la tonne de cacao. (graphique vox.com)
Cours de la tonne de cacao. (graphique vox.com)

La consommation de chocolat par habitant en Chine a augmenté de 30% entre 2010 et 2013, a relevé le cabinet d’études de marché Mintel, de 34% en Inde et de 38% en Indonésie. En tête du classement : la Corée du Sud dont la consommation de chocolat par habitant a augmenté de 44% au cours de cette période.

Autre raison : l’augmentation des ventes de chocolat noir. Même s’il ne représentait que 20% des ventes globales de chocolat en 2013 aux États-Unis – c’est le chocolat au lait qui reste le plus populaire –, ses ventes ont augmenté de 9% au cours de l’année 2013. Et même si ses volumes de vente sont moins importants, le chocolat noir utilise tellement plus de cacao que les autres variétés de chocolat qu’il est largement responsable de la hausse du prix du chocolat. Par exemple, quand les barres au chocolat noir contiennent 60% de cacao, les moins chères des barres chocolatées contiennent seulement 10% de cacao.

La sécheresse, elle aussi, a son rôle à jouer dans cette explosion des prix. Avec 72% de sa production localisée en Afrique – majoritairement en Côte-d’Ivoire et au Ghana – le cacao est fortement dépendant de la météo du continent. Ainsi, quand l’Afrique est frappée par une aridité particulièrement intense, comme ça a été le cas en 2014, les prix s’envolent.

S’ajoutent à ces causes deux autres raisons qui ont fortement impacté le cours du cacao ces dernières années : les maladies qui attaquent les arbres comme celle de la « gousse gelée » et, enfin, l’épidémie d’Ebola qui a poussé des pays à fermer leurs frontières et compliquer la venue de travailleurs sur les récoltes de cacao, comme nous vous l’expliquions en octobre dernier.

Résultat, selon Bloomberg, l’écart entre la demande et l’offre devrait se chiffrer à un million de tonnes en 2020 et deux millions en 2030. Les experts tiennent malgré tout à rester rassurants, il n’y aura pas de pénurie de cacao, mais les prix vont très rapidement se répercuter sur les tickets de caisse des consommateurs. Et s’il y a un manque à gagner pour les fabricants, la taille des confiseries devrait aussi diminuer. L’un des leaders mondiaux, Cadbury, a d’ores-et-déjà commencé à réduire de 10% la taille de ses barres chocolatées en Australie, tout comme le groupe Mars pour les Mars et les Snickers dans certains pays, sous couvert de la lutte contre l’obésité.

Malgré tout, l’augmentation des prix du cacao peut aussi avoir un impact positif dans le sens où elle attire de plus en plus d’agriculteurs à se lancer dans le marché. Mais la maturation d’une culture de cacao prenant 5 ans, un agriculteur qui se lance dans le chocolat aujourd’hui ne pourra vendre ses premières cabosses qu’en 2020…

Recommandé pour vous

0 commentaires