Pékin expulse des dizaines de milliers de personnes vivant dans les souterrains de la ville

 En un peu plus de trois ans, la capitale chinoise a évacué plus de 120 000 personnes vivant sous terre, le plus souvent dans d’anciens abris anti-aérien, rapporte le site d’information The Beijing News. Une grande partie d’entre eux seraient des migrants, chinois ou étrangers, dans l’incapacité d’assumer le coût, élevé, d’un loyer en surface.

(photo flickr/zebrapares)
(photo flickr/zebrapares)

Les locaux les appellent la “tribu des rats”. Il y aurait actuellement plus d’un million de personnes qui résideraient dans un réseau de tunnels et d’abri antiaériens situés parfois jusqu’à 18 mètres sous le niveau du sol de Pékin, en Chine. Cette population, majoritairement composée de travailleurs migrants venus des campagnes, s’est vue contrainte d’habiter sous terre face à l’absence de logements abordables en surface.

Pourtant, ces dernières années, les autorités pékinoises ont commencé à mener une politique d’expulsion systématique des résidents de ces logements de fortune, qui occuperaient près de 13 % de la superficie totale de l’espace souterrain de Pékin. Pour justifier ces actions, le gouvernement local a invoqué des impératifs de sécurité. Dans les faits, nombre de ces lieux auraient été reconvertis en parkings ou en espaces de commerces et de loisirs.

Ce sont d’ores et déjà plus de 7000 logements individuels qui auraient été découverts lors des expulsions. Un article paru dans The Beijing news avance même le chiffre faramineux de 120 000 expulsés.

Vestiges d’une guerre entre l’URSS et la Chine qui n’aura jamais eu lieu, cette véritable “ville souterraine” avait été construite sous les ordres de Mao dans le courant des années 70. Elle devait protéger la population pékinoise en cas d’attaque soviétique. Les tunnels relient ainsi différents endroits stratégiques à des gares, mais aussi à un réseau de 5 500 abris de défense antiaériens. Restés largement inutilisés jusqu’à la fin des années 90, ces installations se sont progressivement reconverties en logements à bas prix, avec l’aval du gouvernement de Pékin de l’époque. De nos jours, la vie sous terre fait partie du quotidien d’une grande partie de ceux que l’on appelle “migongs” ou “shuzu” – travailleurs migrants – de la capitale chinoise.

Ces dernières années, le prix des logements à Pékin, mégalopole de plus de 21 millions d’habitants, n’ont eu de cesse d’augmenter. Un article de Reuters, en date de l’année dernière, parle d’une augmentation de 16% par an des prix à la vente et de 12% pour le marché locatif. Près d’un cinquième des 7,7 millions de migrants vivant actuellement dans la capitale chinoise vivraient sous terre, à en croire la Xinhua News Agency. La ville de Pékin, elle, réfute catégoriquement ces statistiques et parle de 280 000 migrants.

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